Lors de ses vœux aux armées depuis la base aérienne d'Istres, Emmanuel Macron a déclaré vouloir agir "plus vite et plus fort" pour faire face à la montée des tensions internationales. Dans un discours très attendu, il a mis en avant l'envoi immédiat de moyens militaires au Groenland en réaction aux ambitions croissantes des États-Unis sur ce territoire.
Le président de la République a évoqué un monde devenu "brutal", et a souligné la nécessité d’envoyer des troupes sous bannière européenne pour dissuader toute tentative d'expansion américaine. Il a indiqué que la France avait déjà mobilisé une quinzaine de chasseurs alpins, une initiative déjà soutenue par des voix expertes en géopolitique, comme Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France pour les pôles.
"Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort", a-t-il insisté, tout en appelant à une rallonge budgétaire de 36 milliards d'euros pour le budget de la défense d'ici 2030. Cette somme vise à renforcer les capacités militaires françaises face à un panorama sécuritaire en constante évolution.
Une volonté affichée de réarmement
Emmanuel Macron a également sollicité le Parlement pour adopter la mise à jour de la loi de programmation militaire d'ici le 14 juillet. Cette révision, qui prévoit un budget s'élevant à 413 milliards d'euros, est cruciale pour accélérer le réarmement des forces armées françaises. Déjà, des analystes militaires soulignent que le budget de la défense pourrait quasiment doubler sous les deux mandats d'Emmanuel Macron.
Face à ce contexte, des préoccupations émergent concernant l'unité au sein de l'OTAN, où certains alliés européens semblent adopter des positions plus sceptiques vis-à-vis des États-Unis. Le Monde a rapporté que cette opération doit servir de message fort aux États-Unis.
Soutien à l'Ukraine et au-delà
Dans son discours, Emmanuel Macron a également affirmé que la France fournissait "les deux tiers des capacités de renseignement" à l’Ukraine dans sa lutte contre l’agression russe, une décision confirmée par plusieurs responsables militaires européens. Par ailleurs, il a exprimé la nécessité de répondre à la crise iranienne, tout en appelant à la révocation des attaques contre les manifestants dans le pays.
Entre ces préoccupations géopolitiques, il a également évoqué son projet de rétablissement d'un service national, prévu pour enrôler 3 000 jeunes cette année, avec un objectif ambitieux de 42 500 d'ici 2035.
La situation en cours au Groenland, discutée également par France 24, souligne la montée des tensions entre la France et les États-Unis, et la nécessité pour l'Europe de redéfinir ses stratégies militaires afin de garantir sa sécurité et son intégrité territoriale.







