Un cas choquant de fraude académique a secoué la Corée du Sud, mettant en lumière la frénésie scolaire qui règne dans le pays. Une mère de 48 ans a été condamnée à quatre ans et demi de prison pour avoir volé des sujets d'examen afin que sa fille, élève au lycée, puisse se hisser au sommet de son classement.
Selon le Korea Times, cette mère a été arrêtée en juillet 2025 après avoir déclenché l'alarme d'un lycée à Andong, une ville située à 270 km au sud-est de Séoul. Elle avait pénétré dans l'établissement scolaire à onze reprises, souvent avec l'aide d'une enseignante de 32 ans qui avait eu accès à la salle des professeurs.
L'enquête a révélé que la mère avait transféré près de 31,5 millions de wons (environ 18 500 euros) à l'enseignante en échange d'un accès illégal à des documents d'examen. Cette dernière a également été condamnée à cinq ans de prison pour son rôle dans cette fraude. Un employé du lycée a également écopé d'une peine d'un an et demi pour avoir facilité leur intrusion et effacé des enregistrements de vidéosurveillance.
La lycéenne, qui avait conservé la première place dans son établissement pendant trois ans, a vu ses notes annulées et a été exclue. Elle a été condamnée à une peine de prison avec sursis après avoir mémorisé des réponses aux examens, une méthode illégale dans un système éducatif déjà très compétitif.
La pression exercée sur les élèves en Corée du Sud est connue pour être extrême, avec près de 80% des étudiants fréquentant des cours privés appelés hagwons en plus de leur scolarité régulière. Selon une étude de Marie-Orange Rivé, spécialiste de l'éducation en Corée, les familles dépensent en moyenne 270 euros par mois pour l'éducation de leurs enfants, ce qui s'élève parfois jusqu'à un million de wons (700 euros). Cette obsession pour la réussite académique contribue à des niveaux de stress et de santé mentale alarmants chez les jeunes, ce qui est symptomatique de la situation actuelle, le pays affichant l'un des taux de suicide les plus élevés au monde, en particulier parmi les adolescents.
Dans un contexte où la réussite scolaire est synonyme de prestige et de meilleures opportunités sociales, ces incidents ne font que souligner les dérives possibles d'un système éducatif sous pression. Les conséquences de cette affaire seront sans doute un appel à la réflexion sur les valeurs de la société coréenne et le bien-être des élèves.







