Le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé, le 15 janvier, une peine de sept ans de prison à l'encontre de Jean et Viviane Badache, figures centrales de l'escroquerie immobilière Apollonia. Ce couple, accusé d'avoir orchestré une arnaque gigantesque touchant environ 750 victimes, a causé un préjudice supérieur à 1,2 milliard d'euros.
La décision du tribunal, bien que comprenant un mandat de dépôt différé, sera mise en exécution immédiatement, accompagnée d'une amende de 2,5 millions d'euros pour Jean Badache. En outre, des biens immobiliers, ainsi que des comptes bancaires et des bijoux, ont été saisis pour une valeur totale de 20 millions d'euros.
Quatorze personnes, ainsi que la société Apollonia, ont été jugées pour des faits d'escroquerie en bande organisée et de blanchiment aggravé. Pendant le procès, qui s'est tenu entre mars et juin 2025, le parquet avait requis une peine maximale de dix ans pour les Badache, pointés du doigt comme « les concepteurs et bénéficiaires » de cette escroquerie, comme rapporté par Le Monde.
Des victimes qualifiées de « pigeons »
L'escroquerie a consisté en l'accumulation de crédits immobiliers auprès de clients, principalement des professionnels de la santé, séduits par des promesses d'acquisition de biens sans frais initiaux. Les commissions perçues par Apollonia entre 2004 et 2009 ont atteint 115 millions d'euros. Les clients, souvent décrits comme des « pigeons » par Jean Badache lors des témoignages, se voyaient proposer des montages financiers complexes qui les acculaient à un endettement massif, allant de 800 000 à plusieurs millions d'euros.
Les clients signaient souvent des documents vierges, remettant leur confiance à Apollonia, avec des promesses de remboursement de TVA et de loyers censés couvrir leurs investissements. Malheureusement, beaucoup se sont retrouvés ruinés, ce qui soulève des questions sur la régulation des sociétés de conseil en patrimoine en France. Des poids lourds du domaine juridique ont également été impliqués : deux notaires ont été condamnés à cinq ans de prison, reflétant l'ampleur de la collusion dans cette affaire tristement célèbre.
Dans son analyse, 20 Minutes souligne le besoin urgent de réformes dans le secteur de l'immobilier pour protéger les investisseurs naïfs des pratiques frauduleuses. En définitive, cette affaire souligne les graves conséquences d'une non-réglementation, interrogeant le rôle des institutions dans la protection des consommateurs.







