l'essentiel Le plein-emploi semble s'éloigner pour le gouvernement. Les dernières données de l'Insee, publiées ce mardi, révèlent un taux de chômage de 7,9 % de la population active à la fin de 2025. Ce chiffre, le plus élevé depuis quatre ans, est principalement causé par les difficultés croissantes des jeunes de moins de 25 ans à s'insérer de manière durable sur le marché du travail.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la France compte actuellement 2,5 millions de demandeurs d'emploi prêts à être embauchés immédiatement. En seulement trois mois, 56 000 personnes supplémentaires ont rejoint les rangs des chercheurs d'emploi, faisant grimper le taux de chômage à 7,9 %. Bien que nous ne soyons pas encore au niveau alarmant de 2015, la tendance s'inverse.
Après une baisse quasi continue entre 2015 et 2022, période où le chômage avait chuté à 7,1 %, la situation semble se détériorer, rendant la promesse d'Emmanuel Macron d'un retour au 'plein emploi' (environ 5 %) de plus en plus difficile à réaliser.
Une jeunesse en première ligne
Les jeunes sont indéniablement les plus touchés par ce ralentissement. Le chômage des 15-24 ans a explosé à 21,5 %, représentant une augmentation brutale de 2,4 points en un trimestre. Plus alarmant encore, la proportion de jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en études - les fameux "NEET" - est en hausse.
Les experts expliquent ce phénomène en partie par le succès de l'alternance. En effet, les étudiants, habitués à travailler pendant leurs études, anticipent leur recherche d'emploi et se déclarent plus tôt comme demandeurs d'emploi. Toutefois, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a reconnu un "vrai défi" et appelle à la nécessité d'agir pour offrir des opportunités à cette nouvelle génération.
Un marché du travail à deux vitesses
Paradoxalement, la situation semble rester stable, voire s'améliorer légèrement, pour d'autres catégories d'âge. Le chômage des 25-49 ans a connu une légère diminution, tandis que celui des seniors est resté constant. Le gouvernement préfère donc parler d'un "retournement mesuré" de la situation économique, plutôt que d'une catastrophe.
Il n'en reste pas moins que la France présente un tableau nettement moins favorable que ses voisins européens. Avec un taux de chômage de 7,9 %, l'Hexagone se situe bien au-dessus de la moyenne de l'Union européenne, qui était de 5,9 % à la fin de 2025. L'évolution de ces chiffres sera scrutée de près à l'approche des élections présidentielles, car elle symbolise le succès ou l'échec des politiques économiques menées au cours de la dernière décennie.







