Jean-Noël Barrot a exprimé sa profonde indignation ce mercredi à l'égard des révélations concernant un diplomate français dont le nom apparaît dans les fichiers Epstein. Évoquant des faits d'une gravité inouïe, il a décidé de saisir la justice.
"Quand j'ai eu connaissance de ces informations, j'ai été fortement choqué. Naturellement, j'ai agi comme n'importe qui l'aurait fait : j'ai informé le procureur de la République", a déclaré Barrot, qui a également lancé une enquête administrative et une procédure disciplinaire.
Il a tenu à préciser que ces accusations ne sauraient ternir la réputation de tout le personnel du ministère des Affaires étrangères. "Je tiens à saluer leur professionnalisme et leur dévouement. Ils ne méritent pas d'être associés à cette affaire", a-t-il insisté.
Une enquête qui pourrait changer le cours des choses
Les accusations se concentrent sur Fabrice Aidan, un diplomate actuellement en détachement et qui est en attente des conclusions de la procédure disciplinaire. D'après les premières informations, le diplomate aurait échangé de nombreux emails avec Jeffrey Epstein, bien que rien ne prouve à ce jour qu'il soit impliqué dans les crimes sexuels de ce dernier.
Barrot a affirmé avoir pris connaissance de l'affaire récemment. Selon un rapport de Mediapart, l'ONU aurait été alertée par le FBI en 2013 au sujet d'une enquête existant sur Aidan.
"Je comprends que cette situation suscite une véritable indignation, et je partage ce sentiment. Cela dit, tant que l'enquête n'a pas abouti, je préfère attendre des éléments concrets avant de tirer des conclusions", explique-t-il.
Le ministre ne ferme pas la porte à la possibilité que d'autres diplomates français soient cités dans les mêmes fichiers. "Il serait imprudent de l'exclure, vu que certains noms apparaissent dans des documents, mais je ne peux rien en conclure pour l'instant", a-t-il ajouté.
Pour Jean-Noël Barrot, ces fuites soulèvent de graves interrogations sur l'influence potentielle d'individus dans la sphère politique européenne, notamment en France. "Ces révélations devraient être examinées par les tribunaux, non être diffusées sur les réseaux sociaux", juge-t-il, avant de rappeler que certaines personnes mentionnées pourraient ne pas avoir à se reprocher.







