Alors qu'Emmanuel Macron visitait le site d'ArcelorMittal à Dunkerque ce mardi 10 février, un échange houleux a eu lieu avec le député LFI Aurélien Lecoq. Ce dernier a critiqué le président pour son poids sur le vote du projet de loi concernant la nationalisation de l'entreprise sidérurgique, qui compte près de 14 300 salariés en France.
Un débat chaud autour de la nationalisation
L'élu insoumis a déclaré : « L’Assemblée nationale a voté pour la nationalisation d’ArcelorMittal. Il y a eu un vote majoritaire. » Il faisait référence à l'adoption d'une proposition de loi déposée le 27 novembre par LFI. En réponse, Macron a rétorqué : « Une résolution, ce n'est pas un texte de loi. » Il a ensuite rappelé que la mesure devait encore traverser plusieurs étapes au sein du Parlement avant de devenir légale, soulignant que le Sénat n'avait pas été pris en compte.
Aurélien Lecoq a également mis en garde contre les conséquences potentielles de l'inaction : « Avec la privatisation, tout est en train de s'écrouler. ArcelorMittal a annoncé 1 650 suppressions de postes en France. Que comptez-vous faire ? Rien. » En réponse, Macron a évoqué des exemples de nationalisations, comme l’aciérie Ilva, pour relativiser la situation.
Durant cette rencontre, le président a souligné l'importance du respect des institutions : « Un président de la République, ça respecte les institutions ! »
Dans le même temps, ArcelorMittal a annoncé des investissements majeurs à Dunkerque, incluant 1,3 milliard d’euros pour un nouveau four électrique, afin de concurrencer l'acier chinois. Le groupe, résultant du rachat par Mittal en 2006, prévoit un bénéfice de 3 milliards d’euros en 2025, soit 2,5 fois plus que l'année précédente.
Cette friction entre le chef de l'État et le député souligne les tensions croissantes entourant l'avenir d'ArcelorMittal en France, et la manière dont le gouvernement gère les questions critiques touchant l'emploi et l'industrie sidérurgique.







