Stéphane Ravier a vécu une journée décisive le mardi 10 février, en étant jugé à Aix-en-Provence pour prise illégale d'intérêts et à Marseille pour favoritisme. Dans les deux affaires, le sénateur des Bouches-du-Rhône fait face à une inéligibilité qui pourrait compromettre son avenir politique.
La cour d’appel d’Aix-en-Provence a tranché, infligeant au sénateur un an d’inéligibilité et six mois de prison avec sursis, validant ainsi un précédent jugement. L’accusation l’a reconnu coupable d'avoir favorisé l'embauche de son fils, Thomas, dans les services municipaux entre 2014 et 2020. Au total, près de dix contrats avaient été signés, rapprochant de toute évidence une titularisation potentielle. Cette pratique a été décrite par le procureur comme un « emploi à vie » accordé par un père à son fils.
Stéphane Ravier a tenté de défendre ses actions lors de l’audience : « Aurais-je dû lui refuser un emploi sous prétexte qu'il est mon fils ? »
Condamné mais pas vaincu
Julien Pinelli, l’avocat de Ravier, a déclaré auprès de Valeurs actuelles que le dossier ne justifiait pas la peine infligée. Malgré une peine moins sévère que les cinq ans d’inéligibilité requis par le parquet, Ravier entend faire appel. Pinelli a annoncé qu'un pourvoi en cassation sera déposé, ce qui suspendra l'exécution de la peine, permettant à Ravier de se présenter aux élections sénatoriales prévues en septembre prochain.
Il faut noter que cette peine, bien que non exécutoire pour le moment, demeure très lourde, d'autant plus qu'un autre maire, Loïc Gachon, avait également été condamné pour des pratiques similaires avec des sanctions moins sévères.
Encore de l’inéligibilité
Dans un contexte similaire, Ravier était également jugé à Marseille pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics, en manipulant les montants pour éviter une mise en concurrence. L’ancien maire du 7e secteur a affirmé avoir signé les contrats sans comprendre les enjeux, regrettant que son directeur financier n’ait pas été entendu lors des enquêtes.
Le procureur a requis à son encontre six mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Le jugement final tombera le 17 février prochain, une date cruciale pour l'avenir politique du sénateur.







