La disparition de Quentin Deranque, âgé de 23 ans, a transformé l'entourage de Raphaël Arnault en véritable point de focalisation. Selon plusieurs témoins, son collaborateur Jacques-Elie Favrot aurait été sur les lieux lors des heurts survenus en marge d'un meeting de Rima Hassan à Sciences Po.
En conséquence, Favrot a été suspendu de l'Assemblée nationale "à titre conservatoire", selon la présidente Yaël Braun-Pivet. Ce retrait s'est opéré avant que cette décision soit prise, soulignant la gravité de la situation.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué la potentielle implication de "La Jeune Garde", l'organisation antifasciste fondée par Arnault, qui fait l'objet d'une procédure de dissolution. L'organisation rejette toute responsabilité dans cet incident tragique.
Le procureur de Lyon s'est abstenu de mentionner des militants d'ultragauche lors de sa conférence de presse, mais le député LFI, ainsi que l'ensemble de son parti, se retrouve sous le feu des projecteurs dans cette affaire délicate.
"Ce que je redoute depuis des années à Lyon"
Raphaël Arnault a réagi via un tweet où il exprime son horreur et son dégoût face à cette tragédie, espérant que la lumière sera faite sur ce drame, comme relayé par BFMTV.
Les tensions entre extrême droite et extrême gauche à Lyon ne sont pas nouvelles. En 2018, Arnault a fondé La Jeune Garde en réaction à l'émergence de groupes d'ultradroite, et il a souvent évoqué son engagement après le meurtre du militant antifasciste Clément Méric.
Au fil des années, des manifestations et affrontements alimentent la violence dans les rues de Lyon, un phénomène qu'Arnault attribue à un cycle d'escalade.
"Je suis engagé contre la violence de l'extrême droite. J'ai fait rempart jusque dans la rue," a-t-il déclaré à BFMTV.
En avril 2021, Arnault a été condamné pour son implication dans une agression, ce qui soulève des questions sur son rôle dans ces affrontements.
Un parcours politique marquant
Son ascension politique a été rapide, marquée par des apparitions médiatiques au début des années 2020. Il a participé activement à des manifestations contre des figures d'extrême droite comme Éric Zemmour et a rectifié le tir lors des élections législatives de 2022, malgré sa controverse.
Lors de ces élections, il a exprimé son désaccord avec la décision de la Nouvelle Union Populaire (Nupes), s'opposant à l'élection du concurrent libéral, Hubert Julien-Laferrière.
Arnault a continué à être un acteur engagé, apparaissant à des manifestations à Paris en 2024, affirmant : "Aujourd'hui, les néonazis manifestent à nouveau. Nous sommes là pour montrer une alternative à leurs idées."
Durant les législatives de 2024, il s'est vu investit par LFI pour la circonscription du Vaucluse, malgré des accusations le liant à des activités extrêmes.
Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a publiquement apporté son soutien, affirmant que la lutte d'Arnault contre les fascistes était essentielle.
Récents développements
La dissolution de La Jeune Garde a été annoncée par le ministre de l'Intérieur, accusant le groupe de provoquer des violences contre des opposants d'extrême droite en réponse à l'escalade de la violence. Arnault et Mélenchon ont invoqué un climat d'intimidation politique, affirmant que ces jeunes engagés détestent le fascisme.
Certaines voix, comme celles de Marion Maréchal, ont dénoncé ce qu'elles perçoivent comme une culture de la complaisance autour des violences associées à ce type de militantisme. Le gouvernement, sous la pression, cherche à résoudre une situation explosive à Lyon tout en affirmant la nécessité de tenir compte des différents acteurs impliqués.







