Lyon s'apprête à accueillir une marche commémorative en hommage à Quentin Deranque, un jeune militant d'extrême droite tragiquement décédé. Prévu pour samedi, l'événement sera protégé par un vaste dispositif policier, les autorités craignant des incidents entre les partisans de l'ultradroite et ceux de l'ultragauche.
Peu avant le début du défilé, Emmanuel Macron a lancé un appel au calme, tout en indiquant qu'une réunion avec le gouvernement aurait lieu la semaine prochaine pour aborder la question des groupes violents. Cette marche fait suite à la mort de Quentin, survenue le 12 février dernier alors qu'il était victime d'un violent agression, décrite par la préfecture du Rhône comme un homicide dans le cadre d'affrontements entre les deux mouvances.
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a qualifié cet incident de "lynchage abominable" et prévoit la participation de 2 000 à 3 000 personnes à la marche, intitulée "Lyon demande justice pour Quentin, tué par les antifas". Les débats autour de cette manifestation s'intensifient, notamment avec la demande d'interdiction formulée par le maire écologiste de la ville, Grégory Doucet, qui a conduit à une réflexion sur le risque de troubles à l'ordre public face à la nécessité de garantir la liberté d'expression.
Les organisateurs, deux amies de Quentin, souhaitent que cet événement se déroule sans violences ni revendications politiques, bien que la famille ait décidé de ne pas y participer. Cependant, la marche est largement propagée sur les réseaux sociaux par plusieurs groupuscules d'ultradroite.
La préfecture a mis en garde contre un "antagonisme récurrent" entre les groupes d'extrême droite et d'extrême gauche à Lyon, notant que cette marche pourrait potentiellement être un "catalyseur" pour des affrontements violents. Il est signalé que l'événement a attiré l'attention de groupes d'ultradroite d'autres pays européens, renforçant ainsi les craintes d'escarmouches.
Pour assurer la sécurité, plusieurs compagnies républicaines de sécurité ainsi que des gendarmes mobiles seront déployés. Ils veilleront également à sécuriser les gares et à patrouiller dans les transports en commun, tandis que d'autres rassemblements, de moindre ampleur, sont prévus dans des villes comme Avignon et en Bretagne.
Il est également à noter que six individus suspectés d'être impliqués dans la mort de Quentin ont été mis en examen pour "homicide volontaire". Ce contexte entraîne des tensions accrues entre les différents partis, certains comme La France Insoumise appelant à l'interdiction de cette marche, la qualifiant de "démonstration fasciste".
Face à cette situation, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a conseillé à ses partisans de ne pas participer à l'événement, afin de ne pas être associés à certains organisateurs jugés dangereux. Des habitants du quartier, comme Jean Echeverria, un homme de 87 ans, sont sceptiques quant à l'issue de cette marche, évoquant un cycle sans fin d'affrontements entre extrêmes.
Au sein des immeubles environnants, les fenêtres ont été barricadées, témoignant d'un climat d'anxiété palpable avant cet événement chargé d'enjeux politiques et sociaux.







