Les élections municipales à Toulouse prennent une tournure saisissante. Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, serait au cœur d'une manœuvre politique visant à affaiblir le Rassemblement National (RN) de Julien Leonardelli. Des révélations du site Médiacités suggèrent que Moudenc aurait instruit un ancien membre des Républicains à appuyer Arthur Cottrel de Reconquête ! dans la constitution de sa liste, dans un but délibéré de diviser les voix à l'extrême droite.
Lors d'un débat diffusé le 6 mars, Moudenc a pourtant nié avoir soutenu Cottrel. Toutefois, des messages échangés avec un collaborateur révèlent un autre visage de la situation : « Il faut aider cet Arthur à boucler sa liste » et « Il faut lui trouver des colistiers anonymes ». Ces échanges ont été confirmés par l'interlocuteur, qui a qualifié cette démarche de « magouille politique ».
Un éparpillement des voies à quel prix ?
Bien que Moudenc lui-même n’ait pas commenté directement ces allégations, Pierre Esplugas-Labatut, son porte-parole, a admis l'existence des messages, mais en a minimisé l'importance. Selon lui, il s'agirait d'une simple suggestion sans impact sur la liste de Cottrel. « Bien sûr que nous sommes en faveur de l'éparpillement des voix à droite, mais cela ne signifie pas que nous avons aidé M. Cottrel », a-t-il ajouté à nos confrères de France 3 régions.
De son côté, Arthur Cottrel a également démenti tout soutien de la part de Moudenc.
Un « passe-plat de l'extrême droite »
Les candidats de la gauche n’ont pas tardé à réagir. François Briançon de La Gauche unie a dénoncé une « stratégie assumée de rapprochement avec l’extrême droite », remettant en question les valeurs républicaines. « Moudenc semble plus intéressé par le pouvoir que par l'avenir de Toulouse », a-t-il fustigé.
Quant à François Piquemal (LFI), il a qualifié cette manœuvre de « passe-plat de l’extrême droite », appelant à un front uni de la gauche. Le PCF, via Luc Ripoll, exige des clarifications et menace de demander des démissions si ces accusations sont prouvées, qualifiant la situation de « magouille politicienne » incompatible avec l'esprit de Toulouse.
À l'approche du premier tour, ces révélations jettent une ombre sur les engagements de Jean-Luc Moudenc de lutter contre les extrêmes, une promesse qui pourrait désormais paraître illusoire à de nombreux électeurs.







