REPORTAGE. Face à une dynamique changeante, l'union de la droite et du centre semble désormais dépassée par la montée en puissance du Rassemblement National (RN), un phénomène qui touche même Marseille.
Il y a six ans, la situation politique marseillaise était bien différente. La Gaudinerie avait quitté l'hôtel de ville, laissant les écologistes reprendre les rênes, tandis que la droite se contentait de gérer la Métropole. Aujourd'hui, Martine Vassal, présidente de la Métropole et du département, peine à s'imposer comme l'alternative au maire socialiste Benoît Payan. Son score décevant de 12,41 % lors des dernières élections souligne son échec à redynamiser la droite phocéenne et laisse perplexes ses partisans.
Les 15 et 16 mars, de nombreuses attentes entouraient sa campagne, notamment un objectif d'au moins 18 %. Cependant, des controverses et des erreurs de communication ont sapé cette ambition, poussant une partie de l'électorat de droite à se tourner vers Franck Allisio, un nouveau venu sur la scène politique. Ce dernier a su capter l'attention des électeurs en adoptant un discours rassurant face à la montée de l'insécurité, unethématique qui résonne fortement à Marseille. Il a réussi à doubler son score dans les sondages en l'espace de neuf mois, attirant des soutiens allant jusqu'à la droite extrême.
Vassal fléchit, Allisio s'élève
Alors que Martine Vassal décline, Franck Allisio, qui manquait de notoriété en juin 2022, se fait désormais saluer dans les rues. Ce changement fulgurant illustre un bouleversement inattendu au sein de la droite marseillaise, un phénomène accentué par des rumeurs de discorde au sein de son équipe. Les électeurs semblent désormais préoccupés par la nécessité de voter utile pour éviter l'emprise du RN en se concentrant davantage sur la possibilité de faire tomber Benoît Payan.
Les temps sont durs pour la candidate Vassal. Les soutiens viennent à se faire rares et la pression monte. « C'est la débandade, les couteaux s’aiguisent», confie un proche de la majorité métropolitaine. Des rumeurs circulent, évoquant même la possibilité que Renaud Muselier, le président macroniste de la région, incite Vassal à se retirer de la course afin de préserver des options pour 2028.
À Marseille, un duel se profile désormais entre la gauche et le RN, alors que le bloc central s'effondre sous le poids de critiques unanimes. Un militant RN résume bien la situation : « C'était l'alliance de tous ceux qui sont détestés : Macron, Muselier, Vassal. » Les troupes de Franck Allisio commencent à ressentir un sentiment de victoire à mesure que les résultats se précisent, soulignant une évolution historique sur le sol marseillais. Un électeur s’attendait peu à voir un tel soir se dessiner, avouant que ce moment marque un tournant audacieux.
L’attention de la droite se resserre, et Martine Vassal se retrouve désormais dans une position d’arbitre. Doit-elle céder la ville à la gauche, préserver ses dernières bastions ou permettre à RN de prendre possession de Marseille? Sa récente annonce de vouloir continuer à se battre laisse entrevoir un choix difficile. À l'ombre de Notre-Dame-de-la-Garde, Allisio semble insuffler un nouvel espoir chez certains électeurs, souhaitant redonner vie à une ville qui a tant à offrir.







