Toute décision visant à écarter un agent pour des raisons politiques serait susceptible d'illégalité, et pourrait être annulée par le juge administratif, a rappelé David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics. Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), s'est vu adresser ce rappel à l'ordre après avoir évoqué des mobilités d'agents. Ces actes pourraient, selon des experts, s'apparenter à du harcèlement moral ou même constituer des infractions en matière de discrimination.
Dans un courrier, Amiel a affirmé qu'« aucune autorité municipale ne peut suggérer que les conditions d'emploi des agents communaux soient liées à leur alignement politique ». Il a insisté sur le fait que leur loyauté ne doit pas être confondue avec des opinions personnelles ou partisanes.
En effet, Bally Bagayoko avait précédemment expliqué sur CNews que « les fonctionnaires sont réceptifs à une commande politique ». Il a laissé entendre que ceux qui ne partagent pas sa vision pourraient « naturellement » chercher à se muter. Toutefois, cela a éveillé des inquiétudes quant à l'intégrité des processus de recrutement et d'affectation au sein de la mairie.
Des départs nombreux
Lors d'une interview télévisée sur France 2, Bagayoko a également évoqué la nécessité de « désarmer » la police municipale, bien que cela ne soit pas une priorité immédiate. Il a précisé que les agents garderaient toujours leurs armes à feu, mais que le lanceur de balles de défense serait retiré. En parallèle, des sources au sein de l'ancienne administration mentionnent déjà une vague de départs, avec 90 demandes de mutation enregistrées dans la police municipale et un turnover notable dans les autres secteurs administratifs.
Cette situation suscite des préoccupations au sein de la communauté, notamment sur les possibles répercussions sur le service public local. Des experts craignent que cette ambiance de méfiance n'altère également la qualité des services offerts aux citoyens.







