En réponse aux déclarations de Bally Bagayoko, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a envoyé un courrier instructif au maire, lui rappelant que l'évaluation ou le maintien des agents municipaux ne devrait pas dépendre de leur adhésion aux idées politiques proposées par l'exécutif local.
Dans son courrier, David Amiel souligne : "Aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d'agents communaux dépendrait de leur engagement politique, qu'il soit réel ou présumé." Il poursuit en précisant que "tout écartement d'un agent pour raisons politiques pourrait être considéré comme illégal et pourrait être annulé par le juge administratif".
Amiel met en garde : "De telles pratiques pourraient être qualifiées de harcèlement moral et peuvent également constituer des infractions pénales en matière de discrimination."
Ce rappel a été formulé après que Bally Bagayoko, élu le 15 mars dernier, a exprimé sur CNews que "les fonctionnaires doivent répondre à une commande politique", soulevant ainsi des inquiétudes parmi les agents locaux. "Ceux qui ne sont pas en phase avec le projet politique partiront naturellement", a-t-il affirmé.
Le contexte de tensions au sein de la mairie
Rajoutant à la controverse, le ministre Amiel a déclaré que cet aspect essentiel de la fonction publique ne saurait être confondu avec un alignement idéologique. "La loyauté des agents à l'institution publique ne peut se résumer à une adhésion partisane", a-t-il ajouté.
Ce débat survient alors que Bally Bagayoko a été accusé de tendance autoritaire après sa victoire éclatante contre l'ancien maire socialiste. Il a également été la cible de nombreux commentaires racistes sur les réseaux sociaux, une situation que le leader du Parti socialiste a fermement dénoncée.
Bally Bagayoko a également proposé de réformer la police municipale, suggérant notamment un processus de désarmement, mais souhaitant conserver une force à l’écoute des préoccupations citoyennes. Actuellement, la situation au sein de la police de Saint-Denis est tendue, avec des rapports indiquant 90 demandes de mutation de la part des agents.
Cet incident illustre les défis auxquels le maire fait face et pose la question de l'équilibre entre une gestion municipale orientée vers le changement et le respect des droits des employés.







