Après les élections municipales, la Cour des comptes a dévoilé un rapport percutant sur les inégalités territoriales, mettant en lumière la question cruciale de la sécurité, qui préoccupe tant les citoyens français.
Ce volumineux rapport de 540 pages, présenté ce matin, porte sur « la cohésion territoriale et l’attractivité des territoires ». Il met en relief l'ampleur des déséquilibres et les défis que rencontrent les élus locaux, ainsi que quelques bonnes pratiques identifiées (source : Cour des comptes).
Entre les zones en pleine croissance et celles qui se dépeuplent, ainsi que celles qui s'enrichissent contre celles qui s’appauvrissent, la notion de « cohésion territoriale » semble s'apparenté à un vœu pieux plutôt qu'à un constat tangible.
Une augmentation du budget en trompe-l'œil
Dans le contexte de la sécurité, les chiffres révèlent une fracture inquiétante. En apparence, les efforts déployés sont indiscutables : les crédits de sécurité sont passés de 18,3 milliards en 2016 à 25,95 milliards pour 2026. Les dépenses des municipalités atteignent 2,3 milliards d'euros à la fin de 2024. De plus, le nombre de policiers et gendarmes est passé de 241 700 à 265 363.
Cependant, cette augmentation n'est qu'illusoire : elle compense uniquement les réductions budgétaires des années précédentes. Le nombre de forces de sécurité par habitant diminue en dépit d'une hausse de la délinquance, y compris dans les zones rurales, où les faits constatés ont augmenté de 35 à 40 % (rapport de la Cour des comptes).
Une situation paradoxale est révélée dans des départements tels que la Lozère, qui affiche le taux de délinquance le plus bas, mais qui a cependant plus d'agents pour 1 000 habitants que le Rhône, beaucoup plus touché par la criminalité.
La police municipale : une question de finances plutôt que de sécurité
Le cas des polices municipales illustre également cette problématique. La création de ces forces semble davantage dépendre des budgets des communes que des vrais besoins en matière de sécurité. Comme le souligne le rapport, il n'y a pas de corrélation évidente entre le niveau de délinquance et les effectifs de police municipale, comme en témoigne les situations similaires de la Saône-et-Loire et de la Seine-Saint-Denis (source : Valeurs Actuelles).
Pour enrayer cette disparité, la Cour des comptes préconise une réévaluation urgente de la répartition des forces de sécurité en fonction des besoins réels. Toutefois, le ministère de l’Intérieur privilégie l’attente concernant les 239 nouvelles brigades annoncées par Emmanuel Macron, dont la mise en place reste en suspens. Les maires récemment élus se trouvent donc confrontés à l'inquiétude croissante sans ressources adéquates.







