Le 31 mars, la Société du tunnel Prado-Carénage a tenu son assemblée générale, dévoilant un résultat net en hausse de 11,4 % par rapport à l'année précédente. Ce tunnel, qui s'étend sur 2450 mètres entre le Vieux-Port et l'entrée de l'A50, affiche un coût de passage de 3,30 euros, et 6 euros si l'on continue sur la partie sud. Malgré des tarifs jugés élevés, de nombreux automobilistes l'empruntent quotidiennement.
En 2022, le tunnel a enregistré 14,3 millions de passages, soit une légère baisse de 110 000 comparé à 2021. Cependant, grâce à une augmentation de 10 centimes sur le tarif, le bénéfice total s'élève désormais à près de 40 millions d'euros. Cette situation profite principalement aux deux actionnaires majeurs, Vinci et Eiffage, qui vont recevoir des dividendes accrus cette année.
Des opinions partagées
Les retours des usagers sont variés. Un habitant de Marseille, usager quotidien du tunnel, exprime son mécontentement : "Le prix est excessif, rajoutez-y le coût du carburant, et cela pèse sur le budget." Un autre automobiliste, agacé par les tarifs, déclare : "C'est carrément du vol ; les actionnaires se remplissent les poches de plus en plus."
Cette problématique a même été mise en lumière par Benoit Payan, le maire de Marseille, qui a qualifié le système de "pseudo-racket". Il a également promis un tarif réduit de 1 euro pour les Marseillais. Pour rappel, la concession du tunnel, qui a ouvert en 1993, se terminera en 2033, moment où la métropole Aix-Marseille-Provence en reprendra la gestion. Toutefois, la chambre régionale des comptes a récemment exprimé des inquiétudes quant au manque de transparence de cette concession, soulignant l'absence de contrôle sur plusieurs documents clés.







