Quel lien Léon XIV entretient-il avec la France ? Selon divers analystes, le premier pape américain de l'Histoire, né à Chicago, pourrait marquer un tournant dans les relations entre Paris et le Saint-Siège lors de sa première rencontre avec Emmanuel Macron au Vatican.
Élu en mai 2025, Léon XIV, de son vrai nom Robert Francis Prevost, a des racines familiales en France. Son père est d'origines française et italienne, tandis que sa mère est espagnole. Cependant, François Mabille, directeur de l'Observatoire géopolitique du religieux, estime que cette généalogie ne confère pas à Léon un lien émotionnel particulier avec la France et la considère comme anecdotique.
Néanmoins, Mabille souligne que Léon XIV pourrait apporter une perspective renouvelée sur des sujets sensibles, tels que la laïcité en France. "Ce pape a une vaste expérience internationale. Il vient d'un monde occidental où la thématique de la sécularisation lui est familière," déclare-t-il. Léon XIV adopterait une approche différente de son prédécesseur, le pape François, préférant des messages subtils au lieu de dénonciations directes.
Cette rencontre avec Macron ne doit pas être sous-estimée : pour Marco Politi, un vaticaniste italien, il s'agit d'une "découverte mutuelle", ajoutant que ce n'est pas seulement un échange politique mais aussi intellectuel. À un moment où le monde traverse des crises, les deux hommes s'efforcent de reconstruire une société internationale fondée sur des règles.
Avec cette rencontre, Léon XIV vise à revitaliser les relations entre le Vatican et l'Europe de l'Ouest, particulièrement à un moment où les demandes de baptêmes en France continuent d'augmenter, dépassant les 21.000 en 2023. Martin Dumont, du l'Institut de recherche pour l'étude des religions, souligne l'importance de cet aspect missionnaire dans les lettres du pape aux évêques français.
Bien que Léon XIV ne soit pas particulièrement versé dans l'histoire de France, il a déclaré un intérêt manifeste pour le pays. Son expérience de discours en français lors de son voyage à Monaco a impressionné de nombreux observateurs. "C’était motivant," conclut Dumont, qui rappelle que la France, souvent désignée comme la "fille aînée de l'Église", pourrait recevoir une visite du pape prochainement. "Nous devons préparer nos cœurs à cette arrivée," a déclaré Jean-Marc Aveline, président de la conférence épiscopale française.







