Après l’annonce d’un « processus de désarmement » pour sa police municipale, Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a modifié sa position. Il confirme que les policiers municipaux demeureront armés, bien que le port de leur arme ne sera pas systématique pour toutes les missions.
Dans un entretien avec Le Monde, le 17 avril dernier, Bagayoko a ajusté ses propos précédents. L’élu a précisé : « Ils gardent leur pistolet 9 mm ainsi que leur pistolet à impulsion électrique », tout en ajoutant : « Ils restent armés, mais ils ne porteront pas systématiquement leur arme sur eux pour toutes les missions. » Cette déclaration marque un changement de ton sur une question sensible en France.
En ce qui concerne les lanceurs de balles de défense (LBD), initialement ciblés dans son discours, le maire a clarifié : « Nous n’avons pas retiré les LBD, nous avons juste dit ‘pas de LBD dans l’espace public’. Ils restent dans la voiture, sauf si les circonstances l’exigent. » Il a également annoncé vouloir maintenir l’effectif actuel de 135 agents de la police municipale durant son mandat.
Inquiétudes sur les effectifs
D’autre part, Bally Bagayoko a tenté de rassurer sur la question des effectifs, notant des départs et des mutations : « J’ai officiellement un départ confirmé et trois autres demandes de mutation qui viennent tout juste d’arriver. » Cette annonce fait écho à la vague de départs qui avait suivi son annonce initiale de désarmement. Eric Ciotti, maire de Nice, a d’ailleurs rapporté avoir reçu des candidatures de policiers municipaux de Saint-Denis, amplifiant les appréhensions autour du maintien des forces de l’ordre dans la ville.
Ce revirement sur le désarmement a également suscité des réactions variées dans le milieu politique et auprès des citoyens. Plusieurs experts s’interrogent sur les conséquences à long terme de ces choix sur la sécurité publique dans un contexte déjà tendu. Pour le sociologue Jean-Pierre Dubois, « cette décision peut être perçue comme un moyen d’apaiser les tensions tout en gardant une certaine forme d’autorité. »
Alors que le débat autour de l’armement des forces de l’ordre en France continue de faire rage, cette situation à Saint-Denis pourrait bien tirer les fils de discussions plus larges sur la sécurité et la démocratie locale.







