Le centre pénitentiaire d'Aix-Luynes est à l'arrêt ce mardi, avec des surveillants pénitentiaires mobilisés pour dénoncer un déficit d’effectifs alarmant. Les accès à la prison sont totalement fermés, mis à part pour les urgences médicales. Ce mouvement de protestation a débuté dès lundi matin.
Environ cinquante surveillants se sont rassemblés pour bloquer les entrées et sorties de l'établissement. Les agents mettent en lumière une inégalité préoccupante au sein de l'effectif : « À Aix-Luynes, 487 surveillants sont requis, mais seulement 421 sont actuellement en poste. Près de 100 postes demeurent vacants », a déclaré le syndicat SPS-CEA. Ahmed Tahiri, délégué régional de ce syndicat, a ajouté à ICI Provence : « Nous sommes en situation de sous-effectif, avec un taux de 88 % de postes pourvus, soit un manque de 60 personnels. »
Des conditions de travail dégradées
Le manque d'effectifs compromet considérablement les conditions de travail des agents de la prison. « Les surveillants restants sont appelés à travailler sans cesse, ce qui crée une surcharge de travail et les conduit à faire de nombreuses heures supplémentaires. Beaucoup d'entre eux finissent par s’épuiser et prennent des arrêts maladie. Cela rend notre travail impossible », a affirmé Ahmed Tahiri.
Il est à noter que la surpopulation carcérale dans cet établissement est critique, avec plus de 2 150 détenus pour seulement 1 400 places. « Ce que demandent nos collègues n'est pas extraordinaire : des renforts immédiats, l’arrêt des ouvertures sans personnel et une volonté réelle de stabiliser les équipes », a rappelé le syndicat SPS-CEA.
Comment ouvrir un quartier de haute sécurité dans ces conditions ?
Le projet d’ouverture d’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) en novembre 2026 est perçu comme une « projection déconnectée des réalités opérationnelles », selon le syndicat, qui met en garde contre l'impossibilité de mettre en œuvre un tel projet sans effectifs supplémentaires.
En janvier dernier, trois agents avaient déjà été violemment agressés par un détenu armé de ciseaux, soulignant ainsi la gravité des conditions de travail. Ce contexte difficile rappelle l’urgence de la situation et l'imminence de décisions cruciales à prendre pour renforcer la sécurité dans les établissements pénitentiaires de la région.







