La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a récemment annoncé une revalorisation significative de l'indemnité d'abattage à destination des éleveurs affectés par la tuberculose bovine. Cette indemnité, qui passera de 2500 à 3350 euros par tête, sera appliquée rétroactivement, offrant ainsi un soutien financier vital pour les agriculteurs touchés. Cette décision, qui intervient après plusieurs mois de pression de la part des acteurs du secteur, a été saluée comme une avancée phare par les responsables agricoles interrogés, comme le rapporte ICI Vaucluse.
Une avancée majoritaire
Bertrand Venteau, président de la chambre d'agriculture de la Haute-Vienne, a exprimé son soulagement face à cette décision : "Ça fait à peu près 18 mois qu'on lui écrivait de façon régulière, pour qu'elle réactualise l'indemnité." Il ajoute : "C'est une avancée qui est majeure, même si cela ne comble pas entièrement l'écart de prix constaté sur le marché."
Ne pas abattre des animaux sains
Malgré cette amélioration, Venteau insiste sur un besoin urgent de révision des pratiques : "Le but est d'arrêter surtout de faire tuer des animaux sains. Actuellement, on abat massivement des élevages sains, alors que seulement environ 3 % des animaux peuvent être infectés." Un point de vue partagé par d'autres experts du secteur, qui appellent à redoubler d'efforts en matière de prophylaxie.
Les pertes financières restent préoccupantes
Les éleveurs signalent des pertes considérables lors de l'abattage de leurs animaux. Selon Pascal Germond, président de la FDSEA de la Haute-Vienne, les éleveurs ont subi, jusqu'à présent, une perte d'environ 1000 € par animal. De plus, il est devenu de plus en plus difficile de reconstituer un cheptel, souvent à 70 % de sa capacité initiale après un abattage, ce qui les pousse à puiser dans leurs fonds propres ou à contracter des emprunts pour le renouveler.
Une attention particulière demandée
La FDSEA appelle également à une expertise approfondie pour chaque cheptel, notamment pour ceux qui possèdent des animaux à haut niveau génétique : "Il est nécessaire d'évaluer chaque situation spécifique pour éviter de compromettre l'avenir des élevages de qualité," souligne Pascal Germond. Cette expertise pourrait aider à mieux cibler les interventions nécessaires et à conserver la richesse génétique de ces populations bovines.







