L'annonce récente de la procureure fédérale, Jeanine Pirro, concernant l'abandon des poursuites contre Jerome Powell, président de la Réserve fédérale (Fed), a créé une opportunité pour sa succession par Kevin Warsh. Cette décision élimine un obstacle majeur à la confirmation de Warsh par le Sénat américain, dont le vote devient imminent.
Accusé de mauvaise gestion suite à une forte augmentation des coûts des travaux de rénovation du siège de la Fed, Powell avait vu son cas évoluer rapidement vers des accusations perçues comme des représailles politiques, notamment de la part de l'administration Trump. Des analystes, comme ceux de Le Monde, ont souligné que cette enquête semblait être une tentative de porter atteinte à l’indépendance de la Fed.
Pirro a justifié son abandon des poursuites en déclarant que l’Inspecteur général de la Fed avait été chargé de prendre en main les questions liées au surplus des coûts. "Dans ces conditions, j'ai ordonné à mon bureau de mettre fin à notre enquête", a-t-elle expliqué.
Le Bureau de l'Inspecteur général (OIG) a pour mission de veiller sur les opérations quotidiennes de la banque centrale. Selon des sources judiciaires, cela souligne une volonté d'éviter de surcharger le calendrier politique avec des procédures judiciaires non fondées.
L'abandon des poursuites permettrait au Sénat de se concentrer sur la nomination de Kevin Warsh, surtout alors que le mandat de Powell expire mi-mai. Un porte-parole de la Maison Blanche a exprimé des certitudes quant à une confirmation rapide de Warsh, qui est perçu par certains, comme la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, comme une "marionnette du président Trump".
Warren a ainsi qualifié cette manœuvre de tentative visant à libérer le chemin pour que les sénateurs républicains ratifient Warsh, alors qu'un seul vote républicain contre peut bloquer sa nomination dans ce contexte de majorité serrée.
Lors d'une récente audition devant une commission sénatoriale, le sénateur républicain Thom Tillis a clairement indiqué que ses réserves à l'égard de Warsh étaient liées à l’enquête dirigée par Trump plutôt qu’à ses compétences professionnelles. Warsh a déjà apporté sa contribution en tant que gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011, à une époque où il a obtenu le soutien des républicains.
Tant que Warsh n'est pas confirmé, Jerome Powell continuera à diriger la Fed et pourrait présider ce qui serait sa dernière réunion du Comité de politique monétaire cette semaine. Dans un contexte de hausse des prix, suite aux tensions géopolitiques, les marchés restent prudents sur toute baisse des taux d'intérêt, lesquels varient actuellement entre 3,50 % et 3,75 %. Les prochaines baisses ne seraient pas attendues avant la fin de l'année, selon les prévisions de l’outil de suivi FedWatch.







