Ces récits fascinants suscitent de nombreuses interrogations. Depuis quelques années, des surveillantes pénitentiaires ont été complices de détenus, souvent par amour. L'une d'elles partage son expérience, ayant été radiée à vie de l'administration pénitentiaire et condamnée à deux ans de prison.
Ce texte est extrait d'un reportage réalisé par France Télévisions. Pour voir l'intégralité, cliquez sur la vidéo.
Ces femmes, attirées par des détenus déjà condamnés, ont franchi la ligne de la légalité. À Villepinte, une surveillante a même pris des mesures drastiques pour aider son compagnon multirécidiviste à s'évader. À Aix-en-Provence, une autre a été condamnée pour avoir fourni des drogues à un détenu. À Lyon, c'est un sac à linge qui a servi de moyen d'évasion pour un autre. Comment ces jeunes femmes, qui avaient choisi de servir sous l'uniforme, ont-elles dérivé vers l'illégalité ?
Dans un témoignage exceptionnel, Erika, alors âgée de 26 ans, raconte son expérience. Elle évoque le harcèlement reçu de la part des prisonniers et comment elle a trouvé du réconfort auprès d'un détenu. "Quand j’avais des problèmes avec certains détenus, lui allait intervenir. Cela apaisait la situation et je ne subissais plus de harcèlement", raconte-t-elle. L'attirance est devenue inévitable. "J'étais charmée. Ça faisait du bien à ce moment-là. Je ne peux pas le nier. Ça s'est fait naturellement, comme ça", explique-t-elle.
Une administration pénitentiaire pas assez à l'écoute
Une relation amoureuse va rapidement prendre forme, où les petites demandes du détenu commencent à s'enchaîner. "Il m'a demandé des services, comme lui apporter une clé USB. Ils n'ont pas le droit d'en avoir. Il m'a aussi prêté de l'argent à un moment où j'en avais besoin", précise Erika. Elle se souvient avoir reçu 1 800 euros de sa part.
Toutefois, cette romance se termine brusquement avec son arrestation. Son avocate, Me Hannah Genin-Schmitte, souligne que l'administration pénitentiaire devrait être plus attentive au bien-être psychologique de son personnel. "Il y a un manque de soutien pour les agents pénitentiaires. Ils se retrouvent dans un environnement clos sans accompagnement, ce qui peut créer des situations complexes", dénonce-t-elle.
Erika a maintenant coupé tous les liens avec le détenu et a été définitivement exclue de l'administration pénitentiaire. Aujourd'hui, elle réalise l'ampleur des conséquences de ses choix. "Mon uniforme me manque. C'est frustrant de ne plus pouvoir exercer. Je ne ressens même pas de colère, car la colère, je l'ai uniquement contre moi-même", conclut-elle.
Selon les données de l'administration pénitentiaire, sur 30 000 surveillants, 40 % sont des femmes, mais les sanctions à leur égard restent marginales.







