Des déchets éventrés dans les couloirs, des fils électriques pendants et même des rongeurs circulant sur des poutres : bienvenue au 4 bis rue Saint-Philippe à Nice, à deux pas de la célèbre Promenade des Anglais. La situation est devenue si critique que l'immeuble de sept étages a été évacué par les autorités jeudi soir, marquant une intervention d'urgence face à l'insalubrité.
Bien que l'opération ait initialement été conçue pour lutter contre les squats, le maire de Nice a finalement décidé d'assigner un arrêté de péril à l'immeuble, prenant en compte les évaluations menées par les pompiers. Les propriétaires, d'abord contents de voir les forces de l'ordre, ont vite déchanté lorsqu'ils ont appris que leurs locataires seraient également relogés.
Au cours de cette intervention, un propriétaire du nom de Ouéal a eu la désagréable surprise de découvrir son appartement squatté. En effet, il n'était pas venu depuis octobre et, en ouvrant la porte, il a fait face à deux jeunes hommes dormant dans son studio. "C'est incroyable, je viens de changer ma porte pour la troisième fois, et voilà que cela recommence !" a-t-il exprimé, déplorant les 5000 euros de dégâts en moins d'un an.
Les jeunes squatteurs, originaires de Tunisie, ont été réveillés et ont confirmé avoir séjourné dans l'appartement "deux ou trois jours". Le propriétaire, désespéré, a affirmé : "C’est toujours le même récit, ils disent qu’on les a conduits ici et qu’ils ont été arnaqués." Bien qu'il ait l'intention de porter plainte, il doute de l'efficacité des démarches judiciaires, confiant : "Je changerai encore ma porte, mais ils reviendront."
La mairie n'a pas les prérogatives pour expulser directement les squatteurs. Eric Ciotti, le maire de Nice, a précisé : "C'est une occupation illégale. Le cadre légal actuel est insuffisant pour protéger les propriétaires. Nous comptons reconquérir cet immeuble, car il devient un foyer de problèmes sociétaux, allant du trafic de drogue à la prostitution."
À l'heure actuelle, l'immeuble est interdit d'accès, tant pour les squatteurs que pour les anciens locataires, dans le cadre de cet arrêté de péril. La question de la sécurité et de l'insalubrité demeure au cœur du débat à Nice, où la situation continue d'être préoccupante selon plusieurs médias locaux.







