L'idée d'un déplacement du pape Léon XIV en France s'intensifie pour fin septembre. Alors que son prédécesseur, François, avait toujours évité de se rendre dans la "fille aînée de l'Église", cette nouvelle suscite beaucoup d'espoir.
"L'Église catholique en France se prépare avec enthousiasme pour accueillir Léon XIV", a déclaré mercredi la Conférence des évêques de France (CEF) dans un communiqué.
Le Vatican n'a pas encore donné d'annonce officielle, se gardant d'affirmer que ce voyage apostolique "pourrait avoir lieu fin septembre". Cependant, Jean-Marc Aveline, président de la CEF, a récemment indiqué qu'il avait eu plusieurs réunions de travail avec le pape, dont l'une la semaine dernière, pour établir un premier programme.
Ce programme prévisionnel inclurait des visites à Paris et à Lourdes, des destinations emblématiques, notamment la cathédrale Notre-Dame et l'un des principaux lieux de pèlerinage catholique. Lourdes a déjà accueilli d'illustres papes : Jean-Paul II en 1983 et en 2004, ainsi que Benoît XVI en 2008, attirant des foules considérables, selon le sanctuaire.
Le cardinal Aveline a rappelé qu'il avait formellement invité Léon XIV, une démarche soutenue par Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec le pape au Vatican, le 10 avril dernier.
Si ce voyage se concrétise, il représenterait la cinquième excursion internationale pour le pape depuis son élection en mai 2025, après des visites en Turquie, au Liban, à Monaco, en Afrique et en Espagne.
"Nous devons préparer nos cœurs à accueillir sa venue", diagnostiquait le cardinal Aveline en avril, en soulignant que sa visite serait une opportunité de partager la réalité de l'Église en France.
Malgré un panorama catholique marqué par des défis en Europe, l'automne dernier a vu une forte hausse des demandes de baptêmes d'adultes et d'adolescents, dépassant les 21 000. Cette dynamique pourrait-elle avoir influencé le Vatican ?
Léon XIV, francophile et capable de s'exprimer en français, a exprimé à plusieurs reprises son estime pour la France et son riche patrimoine spirituel, comme l’a noté le cardinal Aveline.
Né à Chicago sous le nom de Robert Francis Prevost en 1955, certains évoquent même des origines françaises, ce qui, bien que singulier, n’a pas semblé suffisant pour justifier une visite. Des experts estiment que ce pape pourrait opérer un changement dans les relations avec la France, notamment sur des questions sensibles comme la laïcité.
François Mabille, directeur de l'Observatoire géopolitique du religieux, affirmait que le pape, ayant une expérience internationale, comprendre parfaitement les enjeux de la sécularisation.
En 12 ans de pontificat, le pape François avait effectué trois visites en France, à Strasbourg en 2014, à Marseille en 2023 et en Corse en 2024. Ironiquement, il n'avait jamais réalisé de visite d'Etat officielle, préférant se concentrer sur les institutions européennes ou sur les Rencontres méditerranéennes.
Il avait également décliné l'invitation pour la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie dévastateur de 2019, faisant montre de réserves vis-à-vis de certaines réalités en France, telles que l'IVG ou les débats sur l'aide à mourir, des sujets encore sensibles dans le dialogue entre l'Église et l'État.







