Le 5 mai 2026, la police de Londres a annoncé la création d'une unité de police spécialisée composée de cent agents, dédiée à la protection de la communauté juive. Ce développement intervient dans un contexte de hausse des actes antisémites, et la mesure a des résonances politiques, à deux jours des élections locales.
Sir Mark Rowley, le commissaire de la Metropolitan Police, a décrit cette initiative comme une « étape cruciale dans notre réponse face aux menaces qui pèsent ». Bien qu'il ait récemment plaidé pour renforcer les effectifs de la police avec 300 agents supplémentaires, la création de cette unité constitue une première au Royaume-Uni, dévoilant une volonté de répondre aux craintes de la communauté juive, qui subit de plus en plus d'attaques.
En effet, plusieurs incidents récents ont choqué les Londoniens : le 23 mars, quatre ambulances d'une association caritative juive ont été incendiées à Golders Green, lieu de forte concentration juive, et le 29 avril, deux hommes juifs ont été attaqués, ciblés dans un acte qualifié de terrorisme par la police. L'individu suspecté, Essa Suleiman, un Britannique de 45 ans d'origine somalienne, fait face à des accusations de tentative de meurtre. En réponse, le niveau d'alerte terroriste au Royaume-Uni a été augmenté à « sévère ».
Les enquêtes révèlent que le groupe pro-iranien, Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia, communément appelé Hayi, revendique plusieurs de ces attaques. Les experts s'interrogent sur une possible campagne internationale orientée depuis Téhéran. De plus, le Community Security Trust (CST), observatoire des incidents antisémites, a documenté une augmentation alarmante, avec 3 700 actes enregistrés en 2025, surpassant vite les chiffres de 2022.
Une unité intégrée et visible sur le terrain
La nouvelle équipe agira sous les lois en vigueur, combinant la collecte d'informations et une présence locale renforcée. Sir Mark Rowley a précisé que les agents seraient « bien implantés dans leurs quartiers, collaborant avec les écoles, les leaders religieux et les ONG », dans l'optique de créer un modèle préventif au lieu d'attendre des incidents pour intervenir.
Cette initiative s'accompagne d'un financement de 18 millions de livres sterling, provenant d'un budget total de 25 millions de livres réservé à la sécurité des communautés juives à travers le pays. Elle s'ajoute aux efforts du CST, qui fait appel à des milliers de bénévoles pour assurer la sécurité des événements juifs.
Une décision sous pression politique
La création de cette unité intervient peu avant les élections locales, et la question de l'antisémitisme est devenue un enjeu majeur de la campagne électorale. Le Premier ministre, Keir Starmer, est sous le feu des critiques d'opposants qui jugent ses actions insuffisantes face à la violence croissante. Afin de renforcer la réponse législative, un projet de loi doit être voté, permettant de considérer certaines organisations comme services de renseignement étrangers, y compris les Gardiens de la Révolution iraniens. Ainsi, quiconque agissant pour ces groupes pourrait encourir jusqu'à quatorze ans d'emprisonnement.
En dernier lieu, les procureurs ont reçu des consignes pour traiter promptement les crimes motivés par la haine, tandis que les universités sont invitées à prendre des mesures tangibles contre l'antisémitisme sur leurs campus, sous peine de perdre leurs financements publics.







