RTL a eu accès à une note datée du 28 avril, émanant de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon, qui expose des mesures visant à combattre la surpopulation carcérale. Actuellement, près de 88 000 détenus se trouvent dans un réseau pénitentiaire comptant seulement 63 000 places disponibles, dont 7 400 dorment sur des matelas au sol. Face à cette crise, l'administration a mis en avant un concept de "régulation carcérale" qui signifie en substance faciliter la libération de détenus en fin de peine.
Dans cette note de six pages, le terme "régulation carcérale" apparait à plusieurs reprises. Elle souligne que cette initiative fait suite à des instructions nationales de la DGAP (Direction Générale de l'Administration Pénitentiaire) qui cherche à pallier l'urgence de la situation. Parmi les mesures proposées, on trouve une augmentation des réductions de peine, une accélération des procédures d'aménagement, et la possibilité de libérer certains détenus tout en maintenant un contrôle.
Ces mesures visent principalement à libérer plus rapidement les détenus près de la fin de leur peine, similaire à ce qui avait été pratiqué durant la période COVID où des milliers de détenus avaient obtenu des libérations anticipées. L'administration cherche ainsi à utiliser la surpopulation comme un argument pour accorder des aménagements de peine. Par exemple, les détenus vivant dans des cellules surpeuplées profiteraient automatiquement des réductions de peine maximales.
Les magistrats, qui détiennent un rôle clé dans l’octroi de ces aménagements, sont également ciblés par des initiatives visant à informer sur l'urgence de la surpopulation dans les prisons. L'administration a même suggéré d'organiser des visites de magistrats dans les établissements pénitentiaires pour mieux sensibiliser à la situation.
Des solutions alternatives sont également envisagées, comme optimiser l'utilisation des places disponibles. Actuellement, la surpopulation est surtout problématique dans les maisons d'arrêt, tandis que les centres de détention ne sont pas complètement occupés. Par conséquent, transférer des détenus vers ces centres pourrait aider à désengorger les prisons surchargées.
La DGAP a également proposé d'expulser plus facilement les détenus étrangers en situation irrégulière, suggérant que des outils juridiques existent mais sont sous-utilisés. Cette note expose clairement une situation d'urgence alarmante, les surveillants étant de plus en plus exposés à des conditions de travail difficiles et à la violence des détenus épuisés par la surpopulation.
Cette demande de régulation carcérale survient après un mouvement de protestation des surveillants, qui dénonçaient les mauvaises conditions de détention. À la fin de la note, l'administration exprime l'espoir de transformer cette crise en opportunité pour améliorer le système, tant pour les détenus que pour le personnel pénitentiaire.
Bien que ces suggestions soient émises par l'administration, un changement clair semble se dessiner, même si le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est montré réticent envers telles mesures auparavant. Les syndicats, quant à eux, admettent la gravité de la situation, exprimant des inquiétudes quant à l'afflux continu de détenus et le manque de personnel pénitentiaire.







