Le 8 mai, symbole fort de commémoration, rappelle chaque année l'importance cruciale de préserver la mémoire historique, surtout auprès des jeunes. Bérénice Longato, médiatrice du patrimoine et membre du musée de la Résistance de Pau, anime des ateliers sur l'histoire du camp de Gurs pour sensibiliser les élèves. Lors d'une récente rencontre, elle a évoqué ce devoir de mémoire à la fois complexe et vital.
« Sud Ouest ». Que signifie pour vous « devoir de mémoire » ?
Bérénice Longato. Ce terme, apparu dans les années 1980-1990, est initialement politique. Cela s'inscrit dans la continuité des efforts après la Première Guerre mondiale, lorsque les monuments aux morts ont été érigés. Les Français ont toujours eu conscience de l'importance de cette transmission.
Comment transmettre cette mémoire aux jeunes générations ?
Lors des ateliers, les jeunes font souvent des liens avec leur époque actuelle. Notre rôle est de leur montrer que l'histoire est complexe et nuancée. Il est essentiel de les aider à comprendre les différents points de vue de l'époque, car le jugement d'aujourd'hui n'est pas adapté.
Quels parallèles peut-on établir avec la société d'aujourd'hui ?
Souvent, les jeunes affirment : « Mais aujourd'hui, il existe encore des camps ! » Nous devons leur donner les outils pour décoder leur réalité, leur permettre d'adopter un esprit critique face aux discours extrêmes qui circulent. Comme je leur dis souvent : « L'histoire se répète, mais ne se ressemble jamais », rappelant que chaque situation doit être analysée dans son propre contexte.
Avec le temps, les survivants de la Seconde Guerre mondiale s'effacent. Comment préserver cette mémoire ?
Nous sommes actuellement dans une période charnière : la transmission de la mémoire devient progressivement une approche plus historique. Les récits personnels d'anciens combattants disparaissent, tandis que nous passons à des méthodes narratives plus contemporaines qui donnent aussi la parole aux femmes et aux minorités.
Comment la transmission va-t-elle évoluer ?
Les musées de la Résistance adaptent leur discours. Avoir des témoignages directs sera toujours précieux, mais notre approche devient plus académique et inclusive, permettant d'explorer l'Histoire sous divers angles. Ce changement sera essentiel pour éveiller l'intérêt et la curiosité des jeunes.
L’Onac s’investit auprès des jeunes
Pour garantir la continuité de cette mémoire, l'Office national des anciens combattants des Pyrénées-Atlantiques (Onac) place les jeunes au cœur de sa démarche. Maxime Saint-Germes, directeur du service départemental de l’Onac, souligne l'importance des cérémonies qui rassemblent la population et impliquent les élèves. Par exemple, des élèves du lycée Saint-Cricq à Pau ont lu des lettres de résistants, illustrant ainsi la transmission vivante de cette mémoire.







