Chaque soir, Alexandra Gardes vous propose un aperçu des films à l'honneur durant cette 79ème édition du Festival de Cannes.
Ce texte est un extrait de la retranscription de la chronique ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour découvrir l’intégralité.
Ce soir, sur la Croisette, c'est le premier volet du biopic consacré au général Charles de Gaulle, La Bataille de Gaulle, L'Âge de Fer, dirigé par Antonin Baudry. Hors compétition, ce film met en lumière des figures emblématiques de l'histoire française : Simon Abkarian prêtant ses traits au général de Gaulle, Nils Schneider en maréchal Leclerc, Benoît Magimel en général Koenig, et Mathieu Kassovitz incarnant Darlan. Baudry, ancien diplomate et à l’origine du film Le Chant du Loup, a su réunir un casting impressionnant. Mathieu Kassovitz a déclaré à son sujet : "C’est un réalisateur méticuleux, passionné par l’histoire et la géopolitique, qui travaille avec une précision remarquable."
Plutôt qu'un simple biopic, ce film retrace la période cruciale de 1940 à 1945. Le récit débute en juin 1940, à un moment où la France, exsangue, signe l'Armistice. Dans cette ambiance de défaite, le général de Gaulle, en exil à Londres, se bat pour rallier les esprits et susciter la résistance, un épisode que l'on connaît bien.
Un budget conséquent pour un récit historique
Cette année, Cannes présente quatre films relatant cette sanglante période historique. Parmi eux, Moulin avec Gilles Lelouch, La Troisième Nuit de Daniel Auteuil, et Notre Salut de Emmanuel Marre. Ces œuvres arrivent dans un contexte politique tendu, à l’heure où les tensions militaires en Europe sont palpables.
Avec un budget de 70 millions d'euros, La Bataille de Gaulle se place dans une lignée de productions similaires, même si peu ont touché à cette période avec autant de ressources. De nombreux acteurs ont incarné de Gaulle, comme Lambert Wilson ou Samuel Labarthe, mais le personnage fascine toujours autant. Pour Simon Abkarian, l'incarnation waouh de ce héros commence par l’étude des archives : "J'ai choisi de ne pas m’encombrer de ses mémoires. Je voulais me concentrer sur sa présence physique, son charisme. Étant danseur, il était essentiel d’appréhender le corps de manière à restituer son essence sans obsession. "
Selon Antonin Baudry, le défi réside dans la capacité de l’acteur à exprimer la profondeur des émotions, même celles cachées. Les premiers spectateurs attendent avec impatience le second volet, intitulé J'écris ton nom, qui sortira le 3 juillet.
Notre Salut, un chef-d'œuvre en devenir sur l'Occupation
Un autre film historique, en lice pour la Palme d'Or, Notre Salut d’Emmanuel Marre, a suscité les louanges. Porté par Swann Arlaud, aperçu sur les marches aux côtés du réalisateur, ce film entre fiction et documentaire a touché le public. Arlaud a qualifié son œuvre de "chef-d'œuvre" en évoquant une "grande puissance" et une "leçon émotionnelle" à retenir.
Le film se déroule en septembre 1940 à Vichy, où Henri Marre, cherchant à se tailler une place, évolue dans un monde empli de contradictions. S’inspirant de l’histoire familiale, notamment de son grand-père, Emmanuel Marre évoque une période peu traitée au cinéma. Ce film, qui explore la collaboration, a les traits d’un anti-héros souvent indifférent aux dilemmes moraux de son époque. À l’heure où ce sujet n’a pas été très souvent exploré, Marre brise la glace, offrant un récit cru et émouvant. Sa sortie est prévue le 30 septembre prochain.
Enfin, parmi les archives du jour, une pépite italienne de 1960 : La Dolce Vita, révélée à Cannes avec Federico Fellini et Marcello Mastroianni, à l'époque où l’atmosphère était bien différente. Pas de festivités éclatantes, mais une simple spaghetti party pour célébrer ce succès.







