Une première pour les élèves de première
Plus de 500 000 élèves issus des filières générales et technologiques se sont confrontés, vendredi dernier, à un examen anticipé de mathématiques, inédit dans le parcours du baccalauréat. Cette initiative résulte des résultats alarmants d'une étude internationale, soulignant un déclin significatif du niveau en mathématiques des élèves français.
Youssouf, un élève de 17 ans du lycée Gabriel Fauré à Paris, a déclaré : "Je pense que ça s'est bien passé, c'était des choses qu'on a déjà vues et revues, j'étais bien préparé". Les candidats avaient à leur disposition deux heures, sans calculatrice, pour compléter un questionnaire à choix multiples et résoudre deux à trois exercices, adaptés selon leur parcours : spécialité maths, enseignement scientifique, ou tronc commun technologique.
Lucile, 16 ans, a exprimé son scepticisme initial envers la matière, mais s'est motivée par l'impact de la note sur sa future admission à l'université via Parcoursup. "C'était des calculs simples de tête", a-t-elle confié. L'interdiction de la calculatrice, selon elle, n'a pas constitué un obstacle, au contraire, elle a rendu l'épreuve plus accessible que certaines des pratiques précédentes.
Eléa, élève au lycée Périer à Marseille, a considéré que même si l'épreuve semblait chronophage, la contrainte de ne pas utiliser de calculatrice était bénéfique. "Il y en a trop qui ne connaissent pas leurs tables de multiplication", a-t-elle souligné. Adam, un camarade de classe, a ajouté que, sous stress, les élèves tendaient à commettre des erreurs malgré le travail cérébral encouragé par l'épreuve.
Un examen national au cœur de l'évaluation
Ce test vise à établir des bases solides pour l'évaluation des compétences en mathématiques dans les écoles françaises. Comme l'a souligné le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, "C'est la première fois qu'on va pouvoir attester par un examen national du niveau en mathématiques de tous les élèves de première". Cet effort s’inscrit dans une volonté plus large de revaloriser la place des mathématiques dans l’éducation française.
Cette initiative fait écho à un "choc des savoirs" proposé par l'ancien ministre Gabriel Attal, qui avait été motivé par les résultats de l'enquête Pisa révélant une baisse historique des compétences en maths entre 2018 et 2022. Le nouveau test, qui compte pour 2 points dans le bac, ambitionne de compenser la précédente suppression des mathématiques du tronc commun dans le cadre de la réforme Blanquer.
Des enjeux à long terme
À Bayonne, un groupe d'élèves a fait l'objet d’une controverse en affirmant avoir passé l’examen en basque. Édouard Geffray a rappelé que cette possibilité ne sera effective qu'en 2028 et qu’en l’état, les épreuves de mathématiques sont principalement numériques.
Les épreuves anticipées, incluant maths et français, comptent pour 60 % de la note finale du bac, tandis que le contrôle continu représente 40 %. Les épreuves de philosophie pour les terminales débuteront dès lundi prochain.







