À l'image de nombreuses affaires de violences sexuelles, l'affaire de Lyhanna soulève des questions cruciales sur l'efficacité de notre système de justice. Jérôme Barella, principal suspect dans ce drame, était, semble-t-il, bien connu des services judiciaires malgré un casier vierge. Selon 20 Minutes, deux plaintes à son encontre ont déjà été classées sans suite, laissant les victimes dans un état de désespoir.
Ces classements ne sont pourtant pas une fin en soi. Comme l'explique Me Antoine Minier, avocat pénaliste, il est souvent difficile de prouver de tels faits, particulièrement lorsqu'ils se déroulent à huis clos. Ceci est corroboré par des chiffres alarmants : en 2023, 70 % des plaintes pour viol sont classées sans suite selon le ministère de la Justice.
Face à cette réalité, la réalisatrice Ève Simonet a lancé une plateforme visant à recueillir les témoignages des victimes de violences sexuelles, illustrant un phénomène souvent éludé. En une semaine, plus de 6.000 témoignages ont été enregistrés, témoignant ainsi d’un besoin urgent de réformer le système judiciaire.
Les recours possibles après un classement
Malgré le poids de cet état de fait, il existe des voies de recours. Un plaignant peut saisir le procureur général ou procéder à une plainte avec constitution de partie civile. Me Sabrina Goldman, membre du comité directeur de l’association des avocats pénalistes, précise que la plainte peut être réexaminée si de nouveaux éléments sont présentés.
Pourtant, comme le souligne Me Claire Paulet, ce processus est souvent perçu comme un parcours semé d'embûches. La désillusion des victimes face au manque d'actions engagées ainsi qu'à des décisions jugées arbitraires peut amener à un sentiment de désespoir et de défiance envers le système judiciaire. "C'est comme si l'on ne nous croyait pas", confie-t-elle.
Des perspectives de réforme
L'urgence d'une réforme est de plus en plus pressante. Me Paulet suggère d'inclure la présence systématique d'un avocat lors du dépôt de plainte pour assurer une protection optimale des victimes. "Un mot mal formulé peut anéantir une procédure entière", avertit-elle, soulignant ainsi les complexités juridiques qui peuvent engendrer des iniquités.
Alors que l'affaire Lyhanna continue d’évoluer, notamment avec la promesse d'un réexamen des faits, il est indéniable que des changements sont nécessaires pour renforcer la confiance des victimes et assurer une justice plus équitable. En effet, la société mérite un système judiciaire où la voix des victimes est entendue et respectée.







