Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, a récemment exprimé son souhait que la France réoriente sa dette pour financer le réarmement plutôt que les retraites. S'exprimant lors d'une table ronde aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, il a déclaré : "Ce qu'on met dans la baguette des Français peut être mieux investi dans des missiles pour soutenir l'Ukraine".
Lors de cet événement, qui a rassemblé d'autres figures influentes comme Estelle Brachlianoff de Veolia et Éric Béranger de MBDA, Dufourcq a clairement établi que la France était en retard par rapport à d'autres pays européens dans le soutien militaire à l'Ukraine, en raison de ses engagements financiers existants. "Nos capacités d'investissement en matière d'armement sont gravement limitées, ce qui nous place dans une position délicate", a-t-il ajouté, en appelant à une réforme des retraites pour sanctuariser le budget de la défense.
Les investissements annuels de Bpifrance dans le secteur de la défense s'établissent à environ 1,5 milliard d'euros, mais ce montant est jugé largement insuffisant. Dufourcq insiste sur la nécessité d'augmenter cet effort, précisant qu'il faudrait ajouter jusqu'à 6 milliards d'euros supplémentaires par an à la loi de programmation militaire pour garantir la sécurité nationale. Cela impliquerait inévitablement des sacrifices, notamment dans le domaine social.
Il explique que depuis des décennies, la France utilise la dette pour compenser le pouvoir d'achat des citoyens, mais ce modèle n'est plus viable. "Notre financement des dépenses courantes ne peut venir de la dette", a-t-il prévenu, plaidant pour des investissements directs dans le soutien militaire, notamment en fournissant plus d'armement à l'Ukraine.
En effet, avec la dette nationale dépassant les 3 500 milliards d'euros, la réponse à comment financer le réarmement tout en préservant le bien-être social et économique des Français devient une question cruciale. "Il faut investir 15 milliards d'euros supplémentaires pour compenser les besoins du secteur de la défense, et Bpifrance devrait contribuer à hauteur de la moitié de cette somme", a-t-il conclu.







