La rivalité qui oppose Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez au sein des Républicains (LR) connaît une nouvelle intensification. Cette concurrence, manifeste depuis la candidature de Retailleau à l'Élysée, a trouvé un nouvel élan, notamment avec l'intérêt suscité par Édouard Philippe, qui s'installe en tant que figure centrale dans ce duel politico-stratégique.
Des déclarations marquantes de Laurent Wauquiez, révélées dans Le Figaro, ont mis en lumière son soutien à Édouard Philippe, qu'il considère capable de "redresser la France". En lançant un appel implicite à Retailleau pour qu'il envisage une retrait stratégique, Wauquiez n'a pas feint de souligner l'incapacité de ce dernier à dépasser la barre des 10 % dans les sondages.
Réagissant lors des Rencontres économiques à Aix-en-Provence, Bruno Retailleau n'a pas tardé à répondre, critiquant sévèrement Wauquiez et dénonçant l'appréciation distante que les Français portent sur ce qu'il considère comme des "retournements de veste". En évoquant le soutien éphémère que Wauquiez pourrait accorder à Philippe, il a utilisé les mots tranchants : "Je ne souhaite pas assez de mal à Édouard Philippe pour vouloir que Laurent Wauquiez le soutienne." Retailleau a même fait référence, non sans ironie, à une campagne historique de Jacques Chirac, en notant que son propre camp reste uni autour de valeurs solides.
Wauquiez, quant à lui, a pris la dernière salve avec une certaine amertume. Un de ses proches a déclaré que les critiques de Retailleau ne servaient pas à construire une campagne efficace. La tension palpable entre ces deux figures a surpris de nombreux observateurs, qui rappellent qu'auparavant, malgré des désaccords internes, les deux leaders avaient évité les attaques directes.
Vers une reconquête de l'électorat ?
Les deux hommes, en dépit de leurs divergences, savent que les électeurs de droite attendent une véritable alternative. Alors que Retailleau s'efforce de définir un projet clair, éloigné du macronisme supposé d'Édouard Philippe et de l'image populiste du RN, il reste vigilant face aux attaques. Toutefois, un sondage récent paru dans Le Figaro indique que 57 % des Français ont une opinion défavorable d'Édouard Philippe, renforçant ainsi la position de Retailleau, qui veut se projeter comme le candidat de la droite radicale.
Retailleau a déclaré fermement : "Je ne crois pas que les Français choisiront une version améliorée du macronisme". Dans un paysage où les opinions pourraient s'avérer mouvantes, la bataille pour succéder à Emmanuel Macron s'annonce difficile, mais passionnante.







