Alors que l'extrême droite semble connaître une ascension inébranlable dans le débat public, l'Humanité magazine a décidé de donner la parole à ceux qui, jour après jour, luttent pour contrer cette tendance alarmante. Dans ce contexte, nous rencontrons Éric Besatti, journaliste et directeur de publication de l'Arlésienne.
Dur sur le fond, Éric Besatti ne cache pas la difficulté de son engagement. En effet, son rôle à la tête du trimestriel d'enquêtes l'Arlésienne lui vaut actuellement d'affronter un procès intenté par le maire du Rassemblement National de Beaucaire, Nelson Chaudon, ainsi que son prédécesseur, Julien Sanchez. En septembre 2025, le journal a publié une enquête critique sur les pratiques de la mairie, qu'il jugeait discriminatoires, touchant entre autres aux implantations commerciales locales. « Le souk c'est terminé », avait déclaré Sanchez à son arrivée, méprisant ce qu'il appelait les « commerces communautaires ».
Éric décrit l'environnement sous lequel il travaille : « Enquêter sur le RN est très difficile. Tout le monde a peur de parler. » Malgré cela, sa démarche et ses investigations sont soutenues par plusieurs témoignages : « Ce qu’on écrit, on le pense, et on le prouve. » Un combat qui s'est récemment déplacé devant le tribunal de Nîmes, le 27 mai, avec un verdict attendu le 8 juillet.
Prendre le temps pour aller plus loin
Éric souligne l'importance de son procès, le qualifiant d'opportunité : « Il peut permettre de parler de notre boulot. Ça montre qui nous attaque, et pourquoi. » Bien qu'il partage le banc des accusés avec StreetPress, avec qui il a co-publié l'article contesté, Éric s'appuie surtout sur le travail quotidien de médias locaux tels que la Provence ou la Marseillaise.
La force de l'Arlésienne réside dans sa capacité à prendre le temps d'approfondir les sujets, contrairement à d'autres médias, soumis à l'urgence de l'info immédiate : « Prendre le temps, ça nous permet de creuser davantage. » Éric évoque également les collaborations entre rédactions, mentionnant des enquêtes conjointes avec le Poing et Presse-Papiers, soulignant l'importance des interactions dans la profession : « On partage des infos, des techniques d'enquête, on se relit entre nous. Ça renforce les liens. »
Sur le site de l'Arlésienne, Éric conclut par ces mots : « Nous replonger dans cette enquête nous a donné envie de continuer à scruter cette politique. » Les tentatives de faire taire la presse locale par l'extrême droite ? Un échec, du moins pour le moment.







