Lors d'un débat organisé à Paris mardi, les deux figures libérales ont réaffirmé leur intention de rompre avec le social-étatisme, qu'ils considèrent comme un frein à la dynamique économique du pays. Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête, et David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France, s'accordent à dire que le redressement de l'économie française repose exclusivement sur les entreprises, véritables moteurs de création de richesse.
Ce débat, orchestré par le mouvement patronal ETHIC sous la présidence de Sophie de Menthon, a mis en lumière une rencontre fascinante entre deux figures emblématiques de la droite : Knafo et Lisnard, face à un auditoire de plus de 200 chefs d'entreprise. Avec pour thème « Le tandem libéral : duo ou duel ? », cet échange témoigne d'une convergence intellectuelle sur les enjeux économiques, tout en révélant des divergences sur certaines priorités.
L'union sacrée pour un choc de liberté économique
Bien que provenant de partis différents, Lisnard et Knafo partagent une analyse similaire de la situation économique en France. Ils s'accordent sur un point essentiel : la bureaucratie et le modèle étatique étouffent l'innovation et la productivité. Comme le souligne Lisnard, qui a récemment quitté les Républicains pour se lancer dans la course à l'Élysée, "l'État obèse" doit réduire son ampleur pour donner plus de place aux forces vives du pays.
Ils ne manquent pas de souligner que l'obsession normativo-bureaucratique est l'ennemie principale de la création de richesse. Knafo, qui milite pour la simplification administrative, est d'accord avec Lisnard sur la nécessité de passer d'une approche coercitive à une culture de confiance.
Dégraissages des obstacles à la prospérité
Au sein de l'assemblée d'ETHIC, Knafo a évoqué "la plus grande hausse salariale de l'histoire de la Vème République", proposition qui repose sur une réduction significative des charges sociales et fiscales. Ils soutiennent que la défaillance des salaires nets en France découle non pas de la paresse des entreprises, mais d'une pression fiscale trop lourde qui étouffe les employés.
Afin d'éviter d'accroître un déficit déjà préoccupant tout en finançant cette baisse des prélèvements, Lisnard et Knafo proposent de procéder à une réduction immédiate et drastique de la dépense publique, en ciblant particulièrement le train de vie de l'État.
Réhabilitation du travail et du profit
Sur un plan culturel, Knafo et Lisnard défendent avec ferveur la valeur travail contre le « droit à la paresse » qui a cours dans certains cercles de la gauche. Ils plaident pour une redéfinition du contrat social, en arguant que l'État-providence actuel rend l'assistanat plus attrayant que le travail lui-même.
Des nuances essentielles dans le diagnostic
Cependant, le débat a révélé certaines différences notables. Si le constat économique est similaire, la manière d'aborder les défis souverainistes diffère. Lisnard, en tant que candidat à la présidentielle de 2027, estime que la crise française est avant tout institutionnelle et économique, tandis que Knafo met en priorité des questions plus civilisationnelles et démographiques.
Duo ou duel pour 2027 ?
Ce débat, qui mériterait d'être mis en avant dans les médias, souligne un fait politique majeur : il existe une passerelle idéologique entre la droite libérale et la droite souverainiste. Avec 2027 à l'horizon, l'avenir dira si ce "duo libéral" peut se transformer en une alliance politique capable de titiller la première marche du podium électoral. Pendant ce temps, les stratégies politiques du bloc central continuent d'alimenter la perplexité, laissant de nombreux électeurs en quête d'une alternative concrète.







