Neuf ans après avoir été condamné à une peine de prison pour un voyage en Syrie, Hedi A., un trentenaire, a été de nouveau convoqué devant le tribunal correctionnel de Meaux, à cause de manquements à ses obligations de surveillance. Inscrit au Fichier des auteurs d’infractions terroristes, il doit régulièrement déclarer son adresse et notifier ses déplacements à l’étranger, ce qu'il a tenté de faire avant son récent voyage au Maroc.
D'après les rapports du Parisien, Hedi A. avait informé le commissariat de Torcy de son voyage à l'été 2024. Tout semblait en ordre jusqu'à ce qu'il prolonge son séjour, déclenchant une alerte des autorités. Lors de son retour, il s'est présenté au consulat de France à Agadir, cherchant à respecter les règles imposées par sa surveillance judiciaire.
Un ancien détenu entre regrets et aspirations
Lors de l'audience, le président du tribunal, Stéphane Léger, n'a pas manqué de rappeler les antécédents d'Hedi A., qui avait lui-même avoué à la cour éprouver le poids des années en prison. "Je suis épuisé de toutes ces années de détention. J’ai envie d’avancer dans la vie", a-t-il déclaré, une sentiment partagé par d'autres ex-détenus selon des experts en droit pénal, qui soulignent souvent les difficultés de réinsertion après des condamnations pour terrorisme.
L'avocat de Hedi, Me Sami Khankan, a plaidé que le cas de son client n'était pas isolé. "Les infractions mineures, dans le cadre de la surveillance judiciaire, prennent des proportions démesurées", a-t-il affirmé, mettant en lumière les tensions entre la nécessité de contrôler les anciens détenus et leur droit à la réhabilitation.
Malgré ses justifications, Hedi A. a été condamné à sept mois de prison ferme, qu'il purgera sous bracelet électronique, une décision qui a suscité des débats, notamment sur les processus de réinsertion des individus condamnés pour des actes liés au terrorisme. Beaucoup s'interrogent sur l'équilibre entre sécurité publique et réhabilitation. Les experts mettent en avant la nécessité de programmes de soutien pour faciliter cette réintégration.
À l’heure où la France renforce sa lutte contre le terrorisme, cette affaireillustre le délicat chemin que doivent emprunter les anciens détenus, en quête de normalité après des années d'isolement.







