Depuis une semaine, la mobilisation des médecins généralistes et des chirurgiens en Vaucluse ne cesse de prendre de l'ampleur. Tandis que certains cabinets ferment leurs portes, d'autres optent pour une grève administrative, un geste inédit visant à engager un dialogue plus profond avec les patients.
À Pertuis, les huit généralistes de la maison médicale ont décidé de ne plus transmettre électroniquement les dossiers à la caisse primaire d'assurance maladie. Le Dr Stéphan Robert souligne l'importance de cette action : "Nous faisons face à une forte demande de soins en cette période épidémique. En revenant au mode papier, nous pouvons mieux expliquer la situation à nos patients. Surpris par leur soutien, je constate qu'ils comprennent notre démarche, même si cela entraîne des délais plus longs pour leurs remboursements".
Cette grève administrative, qui inclut le retour au traitement des feuilles de soins en format papier, vise à sensibiliser les patients aux difficultés rencontrées par les praticiens et à les (re)connecter au système de santé. Les médecins espèrent ainsi que cette démarche pédagogique incitera à un échange constructif avec les autorités sanitaires.
Selon une source proche du mouvement, des actions plus fermes pourraient suivre, comme une cessation des gardes. Les médecins ne cachent pas leur frustration face à la situation actuelle, où le système semble souvent déconnecté des réalités du quotidien. "Nous voulons être entendus", exprime le Dr Robert, illustrant les difficultés qu'ils rencontrent dans leur pratique.
Les patients, de leur côté, semblent comprendre les enjeux et la nécessité de cette grève. De nombreux témoignages saluent l'initiative des médecins, la qualifiant de moment important pour revoir la relation médecin-patient en France.
Alors que la grève continue, les professionnels de santé espèrent que leur combat pour une meilleure reconnaissance et un meilleur fonctionnement du système de santé sera entendu par les décideurs. Tout en continuant d'assurer des soins dans un cadre parfois dégradé, ils oublient cependant pas que la santé publique est une responsabilité collective.







