L'Ehpad Les Hortensias, situé dans le pittoresque village d'Urt, a été contraint de fermer ses portes suite à la découverte de manquements alarmants lors d'inspections multiples. La sécurité des 31 résidents avait été mise en péril pendant une décennie, obligeant les autorités à agir. L'Agence régionale de santé (ARS) et le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ont annoncé, le 23 janvier, ce retrait d'autorisation, une première dans le département. Jean Lacoste, conseiller départemental et gérontologue, n'a pas caché son choc face à la gravité des dysfonctionnements constatés.
Une situation alarmante
Alain Guinamant, directeur de la délégation de l'ARS, a précisé qu'« cela fait plus de dix inspections en dix ans que des manquements sont signalés ». Les irrégularités concernent notamment des normes de sécurité incendie jugées insuffisantes et une gestion des médicaments douteuse. Iban Lavaud, directeur de l'établissement, a de son côté contesté les rapportages en affirmant avoir rectifié de nombreux problèmes signalés.
Conflit d'évaluation
Une tension est apparue entre les autorités sanitaires et les responsables de l'Ehpad. « Notre dernière évaluation nous a valu une note de 3,8 sur 4 pour la gestion des médicaments », a insisté Iban Lavaud, tandis que Jean Lacoste a exprimé des doutes sur la fiabilité de ce rapport, issu d'une évaluation interne. « Je fais confiance aux inspecteurs de l'ARS », a-t-il ajouté.
Un passé trouble
Les accusations d'opacité financière et de gestion inadaptée pèsent lourdement sur le groupe Belage, dont dépend l'Ehpad. « Le siège n'a pas communiqué les chiffres en temps utile », a déploré Guinamant, remettant en question la capacité de l'établissement à garantir un service adéquat. Le bouleversement causé par les scandales des Ehpad, notamment l'affaire Orpea, a accru la vigilance des autorités.
Le chemin vers la fermeture
La fermeture de l'Ehpad a été décrétée à la suite de nombreux retours d'inspections défavorables, signalant des problèmes structurels et organisationnels. « Un des contrôles a même relevé que des travailleurs du BTP étaient installés dans des chambres », a indiqué Lacoste. La décision a été accueillie avec amertume par la direction, qui la considère comme une « injustice ».
Avenir des résidents
La gestion de l'établissement sera désormais confiée à un administrateur provisoire, qui devra veiller à un transfert en douceur des résidents vers d'autres structures et à l'accompagnement des employés. La situation est emblématique des défis que rencontrent de nombreux Ehpad en France, alors que les autorités sanitaires cherchent à rétablir des standards de qualité dans le secteur.







