Trente-deux décès ont été recensés en 2025 concernant des personnes âgées retrouvées chez elles, parfois des années après leur mort, un constat alarmant rapporté par les Petits Frères des pauvres. D'après l'association, ces tragédies sont souvent les conséquences d'un isolement social extrême, un phénomène qui prend de l'ampleur dans de nombreuses villes françaises, dont Évreux, Nice et Montpellier.
Parmi les cas tragiques, l'histoire d'une septuagénaire retrouvée à Bordeaux, presque deux ans après son décès, n'est qu'un exemple révélateur. Un autre corps décomposé a été découvert à Montrouge, trois ans post-mortem, par les autorités lors d'une expulsion, comme l'a rapporté Le Parisien.
Les Petits Frères des pauvres jugent ces chiffres « sous-estimés » et projettent de créer un « observatoire de la mort solitaire » d'ici la fin de l'année. Yann Lasnier, délégué général de l'association, souligne qu'« aucun acteur ne peut estimer de façon fiable le nombre de décès solitaires en France ».
« Un Observatoire de la mort solitaire »
Pour mener à bien ce projet, un « comité scientifique » sera mis en place, rassemblant des chercheurs, sociologues et professionnels de la santé. Il aura pour objectif de définir ce qu'est une mort solitaire et de mettre en lumière des solutions pour prévenir ce fléau. Actuellement, environ 750 000 personnes âgées sont dépourvues de connexions sociales signifiantes, selon l'évaluation de l'association.
L'observatoire visera à collecter des données précises sur les décès solitaires, en analysant les facteurs de risque et en formulant des recommandations concrètes pour les autorités publiques. Ce phénomène touche particulièrement les hommes de la tranche d'âge 60-75 ans, un détail que l'association souhaite mettre en avant comme l'a mentionné Yves Lasnier.







