Les recherches menées sur le tir ayant coûté son œil droit à Franck Didron, manifestant gilet jaune, n'ont pas réussi à établir l'identité de l'agent impliqué. C'est ce qu'a confirmé une source proche du dossier à l'AFP.
Franck, à l'époque âgé de 20 ans, a été frappé le 1er décembre 2018 à Paris durant une manifestation. Après un dépôt de plainte, une enquête judiciaire avait été ouverte en 2019 pour déterminer les circonstances de cette violence, le tir ayant été effectué par un lanceur de balles de défense (LBD).
Malgré des expertises confirmant l'usage du LBD, les enquêteurs n'ont pas réussi à mettre un nom sur le policier à l'origine de cette blessure. En conséquence, le tribunal a rendu un non-lieu fin 2025, suscitant colère et frustration.
"Huit ans pour conclure à l'absence d'identification, c'est inacceptable", a déclaré Me Arié Alimi, avocat de Franck. Il a également souligné que toutes les demandes d'indemnisation auprès de la Commission d'indemnisation des victimes (Civi) ont été suspendues, même si les faits sont clairement établis.
Franck a exprimé son désarroi: "Je me demande pourquoi ce CRS m'a tiré dessus. J'aimerais qu'il prenne enfin la parole et m'explique ces raisons, car il a ruiné ma vie," a-t-il partagé avec émotion.
Il a manifesté pour défendre son pouvoir d'achat, alimentant ainsi la mobilisation des gilets jaunes. "C'était la première fois que je manifestais, et j'étais parmi un groupe pacifique, encerclé par les forces de l'ordre. Le stress était palpable, ma mère m'appelait inquiete à cause des nouvelles".
Il raconte encore avoir été averti par d'autres manifestants sur les charges policières. "Au moment où je me tournais, j'ai été frappé par une balle de LBD de 40 mm," a-t-il témoigné.







