Préparé dans une épaisse marmite, tout comme le fameux goulasch, le slambuc est un mélange savoureux de pâtes sautées, de pommes de terre, de lard et d'oignons, aromatisé de paprika, qui nourrissait historiquement les ruraux hongrois, selon Telex.
En Hongrie, l'art culinaire à la marmite est un héritage des bergers de l'Alföld, une vaste plaine s'étendant au sud-est du pays. Ce riche patrimoine culinaire a également donné naissance à l'emblématique goulasch. Le slambuc, par contre, est une préparation moins fréquemment consommée que d'autres plats comme le lecso, une ratatouille locale. Néanmoins, il reste un représentant authentique de cette cuisine traditionnelle, dont le succès repose sur le savoir-faire du rissolage, une technique souvent associée à la cuisine asiatique, note Telex.
Le slambuc est également connu sous divers noms tels que “ohon” – évoquant la bouche pleine d'un berger satisfait –, “szuszinka”, “topogo”, “handabakare” ou “gombota”. Dans cette dernière version, les pâtes sont râpées.
Pour réaliser un slambuc, on utilise une marmite robuste, souvent suspendue au-dessus d'un brasier, appelée “bogrács” en hongrois. Cet ustensile, héritage des techniques ancestrales, permet de cuire des ingrédients simples qu'on pouvait trouver sur le terrain. Les pommes de terre, quant à elles, n'ont été intégrées à la cuisine hongroise qu'au XIXe siècle, transformant ainsi les recettes des bergers.
Remuer 32 fois
Les paysans de la steppe, selon Telex, consommaient souvent du lard, des pâtes et du gruau, s'adaptant aux ressources disponibles. Les plats cuisinés dans des marmites, comme le slambuc, sont caractérisés par leur rusticité et leur simplicité.
Pour obtenir un slambuc de qualité, il convient d'ajouter du lard, juste grillé, avant d'incorporer des pommes de terre et des pâtes lebbencs, dont les ressemblances avec des morceaux de lasagnes font la richesse de cette recette. L'astuce consiste à bien dorer les pâtes dans la graisse du lard avant qu'elles ne soient justes cuites.
La méthode de préparation implique de saisir le lard en morceaux dans la marmite, d'ajouter oignons hachés et paprika, et ensuite les pâtes, tout en veillant à remuer jusqu'à obtenir la consistance parfaite. Traditionnellement, il est dit qu'il faut remuer ce mélange exactement 32 fois pour garantir un plat de qualité, un à la fois en jouant avec des cartes hongroises.
Le slambuc se dégustera alors encore humide, juste après la cuisson. Par ailleurs, il existe des variantes plus sèches, ainsi qu'une recette “pieds nus” où les pâtes sont simplement bouillies, conclut le média.







