Les prisonniers français transférés en Irak : entre torture et défiance juridique

Des avocats alertent sur les conditions inhumaines des prisonniers français en Irak.
Les prisonniers français transférés en Irak : entre torture et défiance juridique
Adrien Guihal, djihadiste ayant revendiqué l’attentat de Nice en juillet 2016, ferait partie des 47 transférés. DR

Deux avocats mettent en lumière les conditions de détention des djihadistes présumés transférés par les États-Unis de Syrie vers l’Irak. Ces hommes revendiquent des abus physiques dans le but de leur extorquer des aveux concernant leur prétendue implication avec l'État Islamique.

De retour d'une mission à Bagdad, les avocats Mes Marie Dosé et Matthieu Bagard ont déclaré le mardi précédent que 47 prisonniers français de Syrie avaient été transférés en Irak et ont accusé le gouvernement français de complicité. Ils ont également souligné que cette opération n'est pas sans risques pour la sécurité nationale.

Mes Dosé et Bagard ont rencontré 13 des 47 prisonniers, mandatés par leurs familles, lors de leur séjour à Bagdad. Selon une source proche de l'enquête, citée par Le Parisien, Adrien Guihal, un djihadiste lié à l'attentat de Nice en 2016, figure parmi les 47 transférés.

Les prisonniers se sont présentés dans des combinaisons marron, enchaînés par paires, et avaient des serviettes sur la tête lors de leur rencontre avec les avocats. D’après le rapport établi, des membres du service de contre-terrorisme irakien étaient également présents.

Les 13 hommes ont expliqué qu'ils avaient été capturés entre 2017 et mars 2019 et avaient été enfermés dans des conditions « extrêmement difficiles » dans une prison en Syrie, où quatre Français seraient décédés de causes liées à des conditions sanitaires précaires.

Aveux sous contrainte

Les prisonniers ont affirmé avoir subi plusieurs interrogatoires, y compris de la part du FBI et de la CIA, ainsi que d’interrogateurs qu’ils pensent français. Ils indiquent qu’ils ont été transférés le 21 juillet 2025 dans une prison irakienne où ils disposent d’environ « deux mètres carrés » pour vivre.

Les avocats rapportent des abus physiques : menottes dans le dos, gifles, étranglements, et menaces de viol. Ils soutiennent que ces actes visent à obtenir des aveux sur leur présence sur le sol irakien sous l’EI.

Pour que la justice irakienne puisse juger ces prisonniers, elle doit prouver leur présence sur le territoire. Les avocats ont affirmé qu’ils ont nié avoir séjourné en Irak avant leur arrestation en Syrie.

Simulacres de justice

Ce transfert rappelle le sort de onze Français, condamnés à mort en Irak et qui ont également dénoncé des procès sans accès à la défense. Mes Dosé et Bagard critiquent le manque de transparence dans ces procédures, considérant cela comme un « simulacre d’audience ».

Ces anciens détenus ont, pour leur part, demandé à purger leur peine en France, où ils sont également sous enquête antiterroriste. Une enquête en cours vise à déterminer les conditions de leur détention, en lien avec des allégations de torture.

Des avocats affirment que cette situation « démontre une récurrence dans la faiblesse de la France face à ces questions », indiquant que parmi les transférés se trouve un jeune homme, emmené en Syrie alors qu'il était enfant. Ces opérations sont perçues comme une manière de renoncer à ses obligations et de créer un précédent dangereux pour la sécurité nationale.

Pistes vers un rapatriement ?

Les débats entourant le rapatriement des suspects continuent. La justice antiterroriste française s'efforce de reconstituer les parcours des combattants, tandis que certaines associations de victimes s’élèvent en faveur du rapatriement pour garantir une enquête exhaustive.

Malgré ces appels, Me Matthieu Bagard dénonce la tendance actuelle de « sous-traitance » du sort des citoyens français à l’Irak, signalant des risques de perte d’informations cruciales pour la lutte antiterroriste. La situation est d'autant plus préoccupante que les États-Unis incitent les pays à rapatrier leurs ressortissants.

Des voix en France, comme celle d'Arthur Dénouveaux de l'association Life For Paris, partagent ces inquiétudes, plaidant pour le retour des adultes et des enfants bloqués dans ces structures. « Nous avons confiance en notre système judiciaire et dénonçons les manœuvres politiques qui même à six ans de distance continuent d'entraver la justice », conclut Dénouveaux.

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