Le 16 février, l'Assemblée nationale a approuvé une proposition de loi portée par le groupe Renaissance, visant à instaurer une éducation alimentaire dans les écoles. Ce projet, qui doit maintenant être examiné par le Sénat, prévoit des séances éducatives sur la nutrition, de la maternelle au CM2, avec au moins trois sessions par an organisées sur une base volontaire.
Olivia Grégoire, la rapporteure de ce texte, a souligné l'urgence de cette mesure : "Près d'un adulte sur deux est en situation de surpoids, et l'obésité infantile a quadruplé ces trois dernières décennies". En parallèle, ce projet vise également à soutenir la production agricole française.
Des critiques sur la portée de la loi
Bien que la proposition ait été adoptée sans aucune voix contre, certains députés ont exprimé leurs réserves. Soumya Bourouaha (PCF) a noté que "le texte ne contient pas de mesures suffisantes pour aider les familles à faible revenu à améliorer leur alimentation". Entre autres, un "fonds d'action" destiné à soutenir financièrement les communes a été mentionné, mais son soutien par des entreprises privées a suscité la controverse.
Marie Mesmeur (LFI) a critiqué cette ouverture au privé, craignant que des géants comme Coca-Cola ou Nestlé ne financent des programmes scolaires dans un but d'image plutôt que d'éducation réelle. Ce point a conduit à la suppression de cet article lors de l'examen en commission. Roger Chudeau (RN) a également rappelé que le code de l'Éducation prévoyait déjà théoriquement des informations sur l'alimentation, dénonçant le manque d'application de la loi actuelle.
Avec les préoccupations croissantes autour de la nutrition chez les jeunes, cette proposition de loi pourrait marquer un tournant significatif dans la lutte contre l'obésité en France. Selon une étude récente du Ministère de la Santé, les actions de prévention et d'éducation alimentaire sont jugées cruciales par les professionnels de la santé pour inverser cette tendance inquiétante.







