Stéphane Ravier : un sénateur d'extrême droite face à la justice pour favoritisme

Le sénateur Stéphane Ravier écopé d'une nouvelle condamnation pour favoritisme à Marseille.
Stéphane Ravier : un sénateur d'extrême droite face à la justice pour favoritisme
Stéphane Ravier, ici en 2020 à Marseille. AFP/CLEMENT MAHOUDEAU

Une nouvelle tuile pour Stéphane Ravier. Le sénateur d'extrême droite a été récemment condamné à trois mois de prison avec sursis, un an d'inéligibilité, et une amende de cinq mille euros pour des faits de favoritisme, selon le tribunal judiciaire de Marseille.

Cette condamnation vient s'ajouter à celle prononcée la semaine dernière, où cet ancien membre du Rassemblement National (RN) et de Reconquête a écopé de six mois de prison avec sursis pour des affaires de prise illégale d'intérêts. Au centre de ces accusations : son implication dans le recrutement de son fils à la mairie de secteur.

La présidente du tribunal a souligné que, bien que Ravier n'ait pas tiré d'enrichissement personnel de ses actes, il a manqué à ses obligations en tant qu'ordonnateur, enfreignant ainsi les règles de mise en concurrence.

Le « saucissonnage » suspect d’une société

Ravier se voit également accusé d'avoir manipulé un marché perturbateur pour la rénovation du site internet de la mairie, en le divisant entre deux sociétés, ce qui aurait permis d'éviter une mise en concurrence formelle. Les réquisitions du parquet évoquent un schéma trompeur où, de fait, une seule entité pouvait réellement bénéficier du contrat, contournant ainsi les exigences légales stipulées par la loi.

Sandrine d’Angio, sa nièce, récemment élue à sa suite comme maire du 7e secteur, a également été condamnée à une amende de cinq mille euros, dont une partie avec sursis, pour sa participation à ce système. La présidente a justifié l'écart de sanctions en précisant qu’elle s’était simplement inscrite dans une continuité déjà établie.

Stéphane Ravier, trajectoire contrariée

Pour sa défense, l’avocat de Ravier, Pierre-Vincent Lambert, a plaidé pour une relaxe, remettant en question l’intentionnalité des actes reprochés. En opposition à la réquisition du procureur qui demandait une peine plus sévère, Ravier se retrouve dans une position délicate, sa réputation étant désormais ternie.

Suite à des élections municipales désastreuses, où il avait recueilli près de 20 % des suffrages, Ravier a quitté le RN pour rejoindre Éric Zemmour lors de la présidentielle, avant de se désolidariser de Reconquête en 2024. Pour les prochaines municipales de 2026, il apporte son soutien à Franck Allisio, candidat du RN à la mairie de Marseille, tandis que sa nièce pourrait également affronter une inéligibilité. Ce contexte soulève des questions sur l’avenir politique de Ravier dans un paysage déjà très concurrentiel.

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