Le préfet de la Gironde, Étienne Guyot, a signalé ce mercredi au procureur de la République de Bordeaux une vidéo diffusée sur Instagram. Cette vidéo présente une performance réalisée à l'École des Beaux-Arts de Bordeaux, où des individus masqués détruisent une piñata représentant un véhicule de police. Le préfet décrit cette scène comme se déroulant dans un environnement comportant des inscriptions hostiles envers l'État et les forces de l'ordre, tandis que des slogans virulents sont scandés en arrière-plan.
Le signalement a été effectué le 12 février, après que la vidéo soit devenue virale. Dans son communiqué, Étienne Guyot explique que cette performance s'apparente à un événement similaire qui a eu lieu le 29 janvier 2026 à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Mulhouse.
"Conformément à l’article 40 du code de procédure pénale, les faits ont été signalés au procureur pour évaluer les suites éventuelles", précise le préfet. Il insiste sur le fait que, bien que la liberté d'expression et la création artistique soient protégées, ces mêmes libertés ne peuvent pas encourager la violence ou nuire aux forces de l'ordre.
Cette situation suscite un débat intense, notamment parmi les artistes et les experts en droit. Pierre Dubois, critique d'art, souligne que "l'art est souvent un miroir des tensions sociétales", mais questionne la responsabilité des artistes dans de telles mises en scène. Les réactions des étudiants de l'école sont également partagées, certains estimant qu'il s'agit d'une critique légitime, tandis que d'autres redoutent des conséquences juridiques.
Étienne Guyot a terminé son communiqué en louant l'engagement indéfectible des policiers et en affirmant que de telles performances ne sauraient justifier des atteintes à leur égard.







