Les députés introduisent un délit d'entrave au droit à l'aide à mourir

L'Assemblée nationale valide l'aide à mourir avec un délit d'entrave et incitation. Découvrez les enjeux.
Les députés introduisent un délit d'entrave au droit à l'aide à mourir
L'Assemblée nationale, à Paris, le 12 février 2026. (JEAN-MICHEL DELAGE / HANS LUCAS / AFP)

Un vote sur l'ensemble de la proposition de loi est prévu mercredi après-midi à l'Assemblée nationale.

Le 24 février, les députés ont validé la mise en place d'un délit d'entrave au droit à l'aide à mourir, au cœur d'un débat qui divise. En parallèle, un délit d'incitation a été ajouté pour garantir un "équilibre" dans la législation. L'examen de cette proposition de loi, considérée comme un enjeu sociétal majeur, s'est poursuivi tout au long de la journée, avant un vote annoncé pour mercredi.

Ce texte prévoit des sanctions allant jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende pour "toute personne empêchant ou tentant d'empêcher l'accès à l'aide à mourir", que ce soit par la diffusion d'"allégations" trompeuses ou par des actes d'intimidation. Deux types de comportements sont explicitement mentionnés : perturber l'accès aux lieux où l'aide à mourir est pratiquée et exercer des pressions morales ou psychologiques.

Cette mesure a suscité des réactions vives au sein de l'Assemblée. Des députés de droite et d'extrême droite s'inquiètent de ses implications. Par exemple, Sandrine Dogor-Such, députée du RN, a exprimé des craintes quant à la possibilité d'évoquer d'autres alternatives pour ceux souhaitant mettre fin à leurs jours. De son côté, Fabien Di Filippo, député LR, a souligné les risques de "procédures interminables et de mises en cause de personnes bien intentionnées" vis-à-vis de leurs proches. En réponse, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a précisé que "le délit d'entrave n'a pas vocation à sanctionner l'expression d'une opinion sur l'aide à mourir".

Un délit d'incitation également adopté

Les députés ont également validé, avec un large consensus de 248 voix contre 2, un amendement pour instaurer un délit d'incitation. Cet amendement, proposé par Frédéric Valletoux, président de la commission des Affaires sociales, prévoit une peine d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende pour "toute pression exercée sur une personne pour l'inciter à recourir à l'aide à mourir". Il est important de préciser que fournir des "informations sur les modalités d'exercice du droit à l'aide à mourir" n'est pas concerné par cette législation.

La députée écologiste Sandrine Rousseau a, quant à elle, annoncé que son groupe, qui avait critiqué cette disposition précédemment, choisissait désormais de la soutenir pour "garantir l'équilibre que nous recherchons dans ce texte".

Lire aussi

La justice établit un lien entre cancer du sein et travail de nuit
Le tribunal administratif de Marseille reconnait un lien entre le cancer du sein et le travail de nuit pour une infirmière, ouvrant la voie à une nouvelle reconnaissance de maladies professionnelles.
00h54
Mobilisation pour les droits des femmes à Bordeaux : une journée de revendications vibrantes
Le 8 mars, Bordeaux résonne de chants et de slogans pour les droits des femmes. Plus de 13 000 manifestants s'engagent pour l'égalité et la justice sociale.
8 mars
Des voix pour l'égalité : Avignon s'engage pour les droits des femmes
Avignon a vu des centaines de manifestants s'engager pour les droits des femmes lors de la Journée internationale. Découvrez l'impact de cette mobilisation en pleine campagne municipale.
8 mars
Des ateliers innovants pour aider les seniors à préserver leur équilibre
Le CODES 83 propose des ateliers pour seniors, axés sur le renforcement de l'équilibre et la prévention des chutes, répondant à un enjeu de santé publique en France.
8 mars
L'église Saint-Michel de Gignac-la-Nerthe rouvre ses portes après deux ans de travaux
L'église Saint-Michel de Gignac-la-Nerthe rouvre après deux ans de fermetures dues à des désordres structurels.
8 mars
Agression d'une sapeur-pompier : le suspect arrêté en Italie
Un homme suspecté d'avoir agressé une sapeur-pompier à Fontan a été interpellé en Italie. Les détails de cette affaire troublante.
8 mars