En février 1956, la Provence, et particulièrement le Vaucluse, a été frappée par une vague de froid sans précédent qui a laissé des marques durables dans l'esprit des habitants et des agriculteurs. Cette météorologie extrême, qui s'est étendue sur tout le mois, a semé des ravages dévastateurs sur la région.
Un froid sibérien en Provence
Au début du mois de février, un vent violent a balayé le département, avec des rafales atteignant plus de 150 km/h. Les températures ont chuté drastiquement, accompagnées de pluie, de neige et de verglas. À Marseille, le vieux port a été recouvert de neige, tandis qu'à Saint-Tropez, un mètre de neige a isolé la ville, et à Châteaurenard, les cultures de choux-fleurs ont été anéanties. Dans tout le Vaucluse, la production maraîchère a été dévastée.
Les températures ont régulièrement plongé en dessous de -10 °C, atteignant des minima frôlant -25 °C dans certaines zones. Le département a été enseveli sous 80 centimètres de neige, paralysant les infrastructures : l'eau courante a été coupée, les ravitaillements ont cessé, et les routes sont devenues impraticables.
L'olivier, symbole de la Provence, décimé
La catastrophe a particulièrement affecté l'olivier, emblème régional victime des températures extrêmes. De nombreux arbres se sont fissurés ou ont éclaté sous le froid, entraînant la perte de plus de 4 millions d'oliviers. Les témoignages de l'époque décrivent des scènes frappantes où ces arbres éclataient comme des grenades, témoignant de la violence des conditions climatiques.
Face à l'étendue des dommages, le gouvernement a lancé un programme d'arrachage massif des oliviers, soutenu par des primes des autorités agricoles. Ce n'est qu'au cours des années 1980 que l'industrie oléicole française a pu se redresser après cette tragédie.
Une vague de froid meurtrière
Au-delà des pertes matérielles, cette vague de froid a coûté la vie à environ 1 000 personnes en Europe, marquant un chapitre tragique de l'histoire climatique du XXe siècle. Ce gel de 1956 restera gravé dans les mémoires comme l'une des périodes les plus glaciales que la Provence ait jamais connues.







