Dans son atlas démographique publié pour 2026, l'Ordre des médecins révèle une situation inquiétante pour le Territoire de Belfort, le plus petit département français. Le nombre de généralistes y a chuté de 15,9% par rapport à 2010, tandis que la situation nationale est largement différente. En effet, si la France voit une stagnation globale, le Territoire subit un recul alarmant dans la médecine de proximité.
Des zones de désert médical apparaissent sur la carte de ce département, notamment en psychiatrie infanto-juvénile où aucun praticien n’est recensé, ainsi qu'en stomatologie. Selon les données de l'Ordre des médecins datées du 1er janvier 2026, cette carence en généralistes est d'autant plus préoccupante.
Moins de généralistes mais plus de spécialistes
Paradoxalement, alors que le nombre de médecins généralistes diminue, la médecine spécialisée est en plein essor. Depuis 2016, la région a vu le nombre de pédiatres doubler, tandis que dans le domaine de la cardiologie, le nombre de praticiens a également doublé en 16 ans. Les chirurgiens orthopédiques ont triplé, et les spécialistes en chirurgie viscérale sont désormais cinq fois plus nombreux, témoignant d'une dynamique positive au sein de spécialités médicales variées.
Un autre fait marquant est la hausse de 270% du nombre de médecins d'origine étrangère actifs dans le département depuis 2010, plaçant le Territoire de Belfort au troisième rang national pour cette augmentation, après les Landes et les Alpes-de-Haute-Provence. Cette dynamique explique en partie la hausse observée dans certaines spécialités, selon l’atlas de la démographie médicale, qui souligne la nécessité d'une révision des politiques de formation et d'installation des médecins afin d'inverser la tendance alarmante dans le secteur de la médecine générale.
Face à ce constat, des voix s'élèvent pour appeler à des mesures urgentes. Dr. Anne-Sophie Morel, président de l'Ordre des médecins du Territoire de Belfort, a déclaré : "Nous devons attirer de nouveaux médecins généralistes dans la région, car la santé de notre population ne peut pas être sacrifiée. Le bien-être de la communauté dépend de l'accessibilité à des soins primaires." Cette question cruciale reste à l'ordre du jour des débats de santé publique.







