La conférence de financement se tiendra le 18 février pour discuter des alternatives à l'âge pivot. Alors que plusieurs propositions émergent, les syndicats demandent des éclaircissements sur l'origine du déficit du système de retraite.
Un déficit préoccupant
Le gouvernement estime à 12 milliards d'euros le déficit de l'actuel système de retraites d'ici 2025. Ce chiffre se situe entre les 7,9 et 17,2 milliards d'euros évalués par le Conseil d'orientation des retraites (COR) dans son rapport de novembre 2019. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, a souligné la nécessité de démarrer un nouveau système universel sur des bases financières solides, évitant un héritage de 12 milliards de passif. Après l'accueil mitigé de sa proposition d'un système de bonus-malus lié à l'âge pivot, il a laissé aux partenaires sociaux la tâche de rechercher un « cocktail de mesures » pour combler le déficit lors de la conférence à venir.
Options de financement envisagées
Les premières restrictions imposées par le gouvernement stipulent que les mesures doivent éviter « une baisse des pensions » et « une hausse du coût du travail ». Malgré cela, diverses options sont envisagées :
- Augmenter les cotisations retraite : Bien que cela ne doive pas alourdir les charges, une option pourrait être de réduire d'autres cotisations en parallèle.
- Utiliser les réserves : Le Fonds de réserve des retraites (FRR), doté de 15 milliards d'euros en 2025, pourrait jouer un rôle clé pour alimenter le systême, comme suggéré dès 2008 par les économistes Antoine Bozio et Thomas Piketty.
D'autres voix, comme celles des syndicats, réclament plutôt une augmentation des salaires pour générer des recettes supplémentaires, faisant notamment allusion à la correction des inégalités femmes-hommes qui pourrait apporter 6,5 milliards d'euros de cotisations ajoutées.
Le manque de recettes comme cause principale
Le COR a clairement établi que le déficit des retraites n'est pas causé par une augmentation des dépenses, mais plutôt par un manque de recettes, en particulier du côté des fonctionnaires. Les politiques de ressources humaines dans le secteur public sont devenues plus restrictives, impactant ainsi le montant des cotisations. Frédéric Sève de la CFDT souligne que la plus grande partie du déficit provient de la CNRACL, la caisse des retraités de la fonction publique territoriale et hospitalière.
Des députés de LREM ont déjà interpellé le Premier ministre sur les implications budgétaires de cette réforme. Alors que la conférence de financement doit rendre ses conclusions d'ici fin juin, diverses promesses liées au nouveau système nécessitent des financements supplémentaires, d'autant plus que les plans de revalorisation et les droits familiaux doivent également être intégrés dans le budget.







