Outre les antioxydants qu'elle renferme, la grenade dévoile des vertus anti-vieillissement grâce à une substance libérée lors de sa digestion.
Sur l'autel des superaliments, la grenade se distingue comme un puissant allié contre le vieillissement. Si l'on connaissait sa richesse en antioxydants, la science a enfin mis en lumière son action réelle. Une étude publiée par l’École Polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) le 11 juillet démontre qu'une molécule spécifique présente dans ce fruit d'origine iranienne joue un rôle clé dans le ralentissement de l'âge.
Selon les chercheurs, cette molécule, une fois dégradée par les bactéries intestinales, se transforme en urolithine A, capable de lutter efficacement contre les effets du vieillissement.
Un prolongement de vie impressionnant
Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont mené des expériences sur les vers "C. elegans", modèle classique en recherche sur le vieillissement en raison de leur espérance de vie limitée, ainsi que sur des rongeurs. Les résultats sont frappants : les vers ayant reçu cette molécule ont vu leur durée de vie prolongée de plus de 45% par rapport à ceux qui n'en avaient pas bénéficié. De plus, chez les souris âgées, l’endurance à la course a été augmentée de 42% grâce à l'administration de cette molécule.
Des effets mesurables et remarquables
Le fonctionnement de cette molécule semble lié au recyclage des mitochondries, qui sont essentielles à la production d'énergie dans nos cellules. En vieillissant, ce processus s’altère, affectant notamment notre masse musculaire. Selon Patrick Aebischer, coauteur de l’étude, l'urolithine A est unique en ce qu'elle peut revitaliser le nettoyage des mitochondries, prouvant ainsi son efficacité.
Une vigilance nécessaire quant à l'absorption
Toutefois, pas besoin de consommer des litres de jus de grenade : les chercheurs précisent que la molécule n’est pas directement contenue dans le fruit, mais qu’elle est le produit de sa digestion par les bactéries intestinales. De plus, le taux d'absorption varie d'un individu à l'autre, certains n'ayant même aucune réaction.
Des études sur les humains sont en cours pour mieux valider ces résultats prometteurs. Johan Auwerx, coauteur des travaux, souligne que ces observations transcendent les espèces, suggérant la découverte d'un mécanisme fondamental chez les organismes vivants. Enfin, on trouve aussi des précurseurs d'urolithine A dans d'autres aliments, comme les noix et les baies, pour diversifier son apport nutritif.







