Le gouvernement a récemment annoncé un plan visant à s'attaquer à l'absentéisme au travail, qui entraîne une augmentation significative des arrêts maladies en France. Ce dispositif cherche à renforcer les contrôles et à simplifier le signalement des cas suspects par les employeurs auprès de l'administration. Cette initiative est particulièrement ressentie en Provence, où les avis divergent.
Entre 2010 et 2025, la France a enregistré une augmentation sans précédent de 30 % des arrêts de travail. Le nouveau plan inclut une fonctionnalité sur le site de l'Assurance Maladie, permettant aux employeurs de signaler rapidement des absences jugées anormales. Après un simple clic, le site demande des informations sur le cas, et l'Assurance Maladie passe à l'étape suivante, qui peut inclure une vérification approfondie. Actuellement, cette démarche requiert encore un traitement papier lourd.
Selon les prévisions, les contrôles pourraient augmenter de 6 %, atteignant 740 000 en 2026, en se concentrant particulièrement sur les arrêts excédant 18 mois, ainsi que ceux associés à des accidents de travail et des maladies professionnelles prolongées. Une attention particulière sera également portée sur le "nomadisme médical", où les employeurs craignent que certains employés obtiennent des arrêts de travail en consultant différents médecins.
Des dirigeants d'entreprise soutiennent les nouvelles mesures
De nombreux chefs d'entreprise expriment leur satisfaction face à ces nouvelles modalités. Philippe Estang, directeur de Créancial, une société de recouvrement en Provence, souligne que ces mesures sont cruciales pour contrer les arrêts frauduleux. Il relate un incident où un employé avait acquis des arrêts maladie sur le web pour 20 euros, révélé grâce à un signalement à la CPME.
Philippe Veran, le PDG de Biotech Dental, employant 1200 personnes, ajoute : "Les salariés ont aujourd'hui suffisamment de jours de congé pour éviter les arrêts de complaisance. Nous avons constaté une chute significative des arrêts maladie de courte durée, surtout depuis la fin de la prise en charge des jours de carence en 2025. L'absentéisme a des conséquences directes sur la productivité des entreprises."
Des préoccupations sur la surveillance accrue
Cependant, cette initiative soulève des inquiétudes parmi les employés. À Marseille, Laure, qui vient de déposer son arrêt maladie d'une semaine, exprime que ces nouvelles mesures, bien qu'évidemment utiles pour combattre la fraude, pourraient devenir trop oppressives, surtout pour ceux qui souffrent de maladies graves. "Il est important de ne pas tomber dans l'excès de contrôle, notamment pour les pathologies longues."
Elodie, récemment en arrêt maladie pour une longue durée, ressent également cette pression. "Nous allons être surveillés de près, mais parfois, il n’y a pas d’autre choix quand il s’agit de maladies comme le cancer. Il semble qu'il y ait une défiance croissante envers les salariés."
Pour gérer les renouvellements d'arrêts de très longue durée, les médecins généralistes pourront désormais consulter des spécialistes, ce qui pourrait alléger certains processus. Le gouvernement ambitionne également de promouvoir des solutions comme le mi-temps thérapeutique et le télétravail pour faciliter le retour au travail.
Bien que les contrôles ne s'étendent pas aux médecins prescripteurs, le gouvernement prévoit de généraliser SOS IJ, une plateforme qui vise à aider les médecins dans des situations complexes.
Côté syndical, les organisations expriment des réserves sur un cadre qui semble se concentrer largement sur les salariés plutôt que sur des solutions collectives. Selon des sources dans le domaine, ces orientations pourraient créer un climat de méfiance et placent une pression accrue sur les employés.







