Les cafés Henry Blanc, emblématiques de Marseille depuis cinq générations, pourraient bientôt devoir augmenter leurs tarifs. Cette éventualité est alimentée par un contexte international difficile, exacerbé par la guerre en Iran, qui perturbe un marché du café déjà fragile.
Jean-Luc Blanc, le directeur des cafés Henry Blanc, confie que maintenir les marges devient de plus en plus délicat. « Le contexte est extrêmement difficile. Nous peinons à préserver notre rentabilité face à cette crise internationale », déclare-t-il. La hausse des prix des matières premières, mais aussi des coûts logistiques, pourrait affecter le prix d'un simple café au comptoir.
Une guerre aux répercussions multiples
La flambée des prix du pétrole a des conséquences directes sur le packaging. « Nous avons reçu plusieurs notifications d'augmentation de 5% sur les emballages plastiques », souligne Jean-Luc. D'autres hausses sont également à prévoir : « Le coût du gaz, essentiel pour torréfier nos grains à plus de 200 degrés, augmentera de 15% ». Cela s'ajoute à un coût du transport maritime, également en hausse, les importations en provenance du Vietnam nécessitant un détour de 7 000 kilomètres depuis le cap de Bonne Espérance.

Le café : une marchandise stratégique
À l'échelle mondiale, le café se classe comme la deuxième marchandise la plus échangée après le pétrole. « Actuellement, on constate une spéculation intense dans les Bourses de New York et Londres suite à la fluctuation des prix », indique Jean-Luc Blanc. Cette spéculation pourrait également influencer le prix de vente au public.
Néanmoins, Jean-Luc reste prudent quant à une augmentation immédiate : « Nos clients professionnels ne peuvent pas imposer un café à 3 ou 4 euros. Nous ne prévoyons pas d'augmenter nos tarifs dans l'immédiat, mais la situation devient préoccupante ». Avec une production de 900 tonnes de café par an, les cafés Henry Blanc affichent un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros, ce qui en fait une entreprise au cœur d'un combat pour la survie.








